8 août 1800 (20 thermidor an 8)

            Jacques HAIMART, Maire, Joseph MILLET, adjoint.

 

19 septembre 1800 (2è compl. An 8)

            Le conseil municipal est nommé par le préfet :

Jacques DUCHATEAU, Claude COQUOT, Christophe PERTHOIS, Sébastien LOUIS, Etienne TATAT instituteur, Nicolas LE NOIR, Jean Pierre DAVENNE, Jacques Remy HURÉ, Jacques HAIMART, Christophe SAINTIN.

 

14 février 1801 (25 pluviose an 9)

            En exécution de l’arrêté du Préfet de la Marne du 20 nivose an 9, le conseil municipal est autorisé à nommer un maître d’école qui fera fonction en même temps de secrétaire de la municipalité. A l’unanimité, le conseil nomme Etienne TATAT, l’instituteur actuel de Ludes.

 

26 juin 1801 (7 messidor an 9)

            Le citoyen Mathieu HAUROT, religieux cordelier, prêtre de Ludes.

 

27 septembre 1802 (5 vendémiaire an 11)

            Tirage au sort pour la levée des conscrits :

-       Pour l’armée d’active : Jacques BARROIS, 22 ans, 1m70

-       Pour l’armée de réserve : Adam CHANDELOT, 21 ans, 1m64

 

20 mai 1803 (30 floréal an 11)

            Suite à l’acquisition « verbale » du presbytère pour y loger le ministre du culte, le conseil municipal délibère pour budgéter les sommes suivantes :

-       Réparation à faire au presbytère : 60 francs,

-       Achat de linge d’ornement pour le service du culte : 400 francs,

-       Traitement du desservant : 200 francs.

La voute de l'église est écroulée depuis 13 mois. Le conseil décide de faire visiter l'église par des gens de l'art, afin de chiffrer les réparations.

 

24 juin 1803 (5 messidor an 11)

            Le gué, qui se trouvait au début de la rue de Reims, recevait toutes les eaux usées de la commune. Le gué était loué pour extraire les boues devant servir d’engrais pour les cultures. La location était mise aux enchères au plus offrant.

Jean Baptiste LABRUYERE obtint cette location pour 6 francs pour un an.

 

 

8 août 1803

        Vincent-Marie Jacquelet, notaire à Ludes, âgé de 42 ans, a été condamné par corps à 25 francs d'amende et aux frais du procès, pour avoir, le 20 thermidor an 11, exercé des actes de violence sur la personne de Marie-Anne Launois, femme de Gilles-Antoine Courtrait, demeurant à Ludes.

 

26 septembre 1803

            Didier BELHOMMET, prêtre du diocèse de meaux, est nommé desservant de l’église de Ludes.

 

28 septembre 1803 (5 vendémiaire an 12)

            Le citoyen Claude COQUOT devient maire en remplacement de HAIMARD, démissionnaire.

 

25 novembre 1803 (3 frimaire an 12)

          Acte d'achat du presbytère et dépendances par la commune de Ludes pour une somme de 2400 francs. Le vendeur Adam QUATRESOLS et son épouse Elisabeth BILLY avaient acquis cette propriété le 29 messidor an 4 (17 juillet 1796) du département de la Marne, lequel l'avait confisqué comme bien national.

 

8 décembre 1803 (16 frimaire an 12)

            Inventaire des biens de la commune en 1789

Prés : 34 ares, paturages : 76 ha 11a, bois : 46 ha.

Maison presbytérale, jardinet et dépendances :18 ares.

Maison d’école et dépendances : 2 ares, vendue par soumission au citoyen Nicolas Remi QUENARDEL de Verzenay.

Redevances dont la commune jouissait en 1789 :

. Claude MONMARTHE , la somme annuelle de 3 francs pour portion de terrain,

. Paul BEUZART le mineur pour une redevance de 3 frs annuelle, dont le débiteur refuse de payer depuis plusieurs années, attendu que le titre se trouve perdu,

. Jacques Nicolas DUCHATEAU d’une somme de 2 francs dont la redevance est appliquée sur la maison qu’il occupe.

 

En 1789, la commune jouissait d’une mare d’eau divisée en deux parties distantes l’une de l’autre d’environ 25 mètres située en bas du village. La première partie contenant environ 5 ares ayant toujours servie pour la décharge des eaux dont les boues ont toujours été louées au profit de la commune d’une somme de dix à douze francs par an, l’autre partie d’une contenance d’environ 12 ares servant à recevoir les eaux de la partie supérieure et d’abreuvage pour les bestiaux.

 

22 décembre 1803 

        Vente par Jean-Joseph Chenu, fabriquant, et Marie-Rose Deneveux, son épouse, demeurant à Reims, de vigne et terre sises à Ludes, moyennant 1840 francs.

 

 

27 mai 1804 (7 prairial an 12)

            La foire de Saint Jean Baptiste qui se déroule le 24 juin, procure à la commune des droits de place.

Les droits sont fixés ainsi par délibération du conseil municipal.

Les marchands forains, sans distinction de métier, seront taxés à 30 centimes pour 3 m², 20 centimes pour 2 m², 15 centimes pour moins de 2 m². Un registre de recettes sera tenu pour la comptabilité de la commune.

 

Juin 1804

       Nicolas-Marie Jacquelet, ex-notaire à Ludes, âgé de 36 ans, a été condamné à 10 ans de fers, six heures d'exposition, et au remboursement des frais du procès, pour crime de faux en écriture authentique commis dans l'exercice de ses fonctions.

 

 

 

1 octobre 1804

          Vente par François Chamelot, vigneron, demeurant à Ludes, fils des défunts Nicolas Chamelot et Marie-Jeanne Foureur, sa femme, de maison, jardin, terres et vignes sis au terroir dudit lieu, moyennant 3oo livres.

 

13 juillet 1805 (24 messidor an 13)

            Claude COQUOT, maire, atteste avoir reçu des mains du sieur BARBIER, le Code Civil.

 

11 août 1805 (23 thermidor an 13)

            Antoine Charles Louis COQUEBERT de MONTFORT, propriétaire demeurant à Ludes, a été nommé maire par le préfet suite à la démission de Claude COQUOT.

 

11 Avril 1807

         Vente de biens nationaux ayant appartenu à Adélaïde et Victoire CAPET, tante de Louis XVI.

         48 ares 37 ca de vignes en 2 pièces, et 24 ares 36 ca de terre. Adjugés 225 francs au sieur FERNET, domicilié à Reims.

 

27 mai 1808

            Une demande de Marie Henry BRUYANT, propriétaire à Ludes, d’obtenir la permission de faire conduire en sa maison, un fil d’eau par des tuyaux souterrains, le long d’une rue de la commune, appelée vulgairement la rue du Pot d’Etain, jusqu’à son bâtiment. Le fil d’eau prend sa source dans un bois appartenant au pétitionnaire, lieudit les Prérards, à une distance de 220 mètres pour arriver à sa maison.

 

14 mai 1809

         Nicolas François VAUTRIN, qui possédait une faïencerie à Chigny, se porte acquéreur avec son fils Louis François, devenu faïencier et travaillant avec lui au moins depuis l'an VII, d'une maison et tuilerie, sise au Craon de Ludes. Quelles raisons avaient poussé père et fils à cet achat et aussi à l'abandon de la manufacture de Chigny qui, bien que restant dans le patrimoine de la famille jusqu'en 1836, ne servit plus après 1809 à la fabrication des faïences.

         Cette acquisition d'une maison et d'une tuilerie sur Ludes,   provient des héritiers Barroy, moyennant 2000 livres. Cette petite usine n'était pas très ancienne ayant été construite par Etienne Barroy et sa femme Jeanne Chéart, en 1778, sur une partie des terres usagères – contenant des argiles – que la communauté de Ludes leur avait cédé, contre un cens annuel et perpétuel de 13F18. Outre la maison composée de quelques pièces, une grange et une écurie, une halle, un four et un parc à tuiles composaient les bâtiments, auprès desquels se trouvait une mare ou réservoir d'eau entouré de saules et de peupliers. L'ensemble prenait accès sur le grand chemin de Louvois à Reims et était jouxté par les bois et les communaux de Ludes.

         Il est à penser que les Vautrin continuèrent la fabrication des faïences dans leur nouvelle acquisition puisque, dans les divers actes notariés, l'un et l'autre portent la qualification de faïenciers.

         Malheureusement les dernières années de la fin de l'Empire ne leur semblent pas avoir été propices. Le 12 mars 1812, Nicolas Vautrin hypothèque sa maison de Chigny pour consolider une dette de 1200 francs. Trois mois après, il donnait à bail pour douze années à son fils Louis-François, la maison et ses dépendances sise au Craon de Ludes, servant à une manufacture de faïence consistant notamment en une maison et en un atelier pour la confection des faïences, four, chambres basses, écurie et grenier sur le tout. Sur divers actes nous apprenons que l'atelier destiné à la fabrication de la faïence contenait un moulin à broyer les couleurs, deux tours pour la fabrication des dites faïences et poteries, cent cinquante planches placées en forme de rayon pour sécher les marchandises. D'autre part, les objets en faïence existant encore étaient des assiettes, des plats, des écuelles, des soupières, des huiliers et des salières, ce qui nous donne une idée des fabrications des Vautrin.

         L'usine avait peut-être continué à produire puisque, le 14 septembre 1818, Louis-François donnait à bail pour six mois, bâtiments et matériel à un sieur Jean-Baptiste Godret, fabriquant demeurant à Reims, rue Neuve N° 12 et ce pour 100 francs.

         La licitation des biens immeubles eut lieu enfin devant le tribunal de première instance de Reims, le 24 mai 1820. Le cahier des charges n'a d'intérêt pour nous que dans le passage où est donnée une description de l'usine de faïencerie du Craon de Ludes :

 

            « Un corps de bâtiments contenant vingt-huit pieds de long sur vingt de large prenant son entrée du côté du Nord par une porte de trois pieds de largeur; en entrant à gauche est une cuisine dix-sept pieds de large sur treize de long avec deux croisées; dans cette cuisine est un four pour le pain; à droite de la cuisine est une chambre de dix pieds de long sur sept de large prenant jour du côté du midi; à gauche est une chambre de onze pieds sur douze, prenant son entrée par un petit corridor et tirant son jour du côté du midi; ensuite une autre place de dix pieds sur six ayant son entrée par le même corridor, et tirant son jour du côté du Nord; dans ledit corridor et à gauche est un escalier conduisant à deux places au-dessus des précédentes, ensuite sont deux autres places hautes à gauche, de chacune treize pieds de long sur dix-sept de large, tirant leurs jours par des fenêtres flamandes. Au-dessus du tout est un seul grenier plancher.

 

         A droite du corps de logis est une place servant à la fayancerie contenant trente six pieds de long sur dix sept de large, une place au bout, de dix sept pieds de large sur huit pieds de long; une grange de trente et un pieds de long, sur vingt et un de large. Au fond dudit bâtiment prenant son entrée par une porte cochère, une place de vingt pieds de long, sur dix sept de large contenant le four à fayence.

 

         Au-dessous de cette place, il y en a une autre de vingt huit pieds de long sur treize de large, où est construit un four à calciner et une pièce où se trouve un moulin à broyer les couleurs.

         Outre les bâtiments ci-dessus désignés composant la fayancerie, il y a un jardin garni d'arbres fruitiers et autres ; un petit réservoir entouré de peupliers et saules, une grande cour non fermée et faisant partie du terrain qu'il contient avec les bâtiments et une écurie pouvant contenir vingt chevaux.

         Vingt-deux ares ou soixante-quatre verges trois quart ancienne, mesure d'après un arpentage fait le six avril dix-sept cent soixante-dix-huit par Benoît, contrôlé à Epernay le treize, aux droits de quatorze francs trois centimes par d'Herbes.

         Il dépend comme ustensiles de cette maison :

1) Deux tours avec leurs établis.

2) Un autre établi de cinq pieds de long sur quatorze de large, servant à travailler la terre.

3) Vingt-six pieds de rayons en bois blanc servant à faire sécher la marchandise.

4) Cent cinquante voliges de tremble de cinq à six de largeur sur six pieds de longueur.

5) Et un moulin à broyer les couleurs composé de deux tournures de vingt-deux pieds de long, sur vingt de large.

Les bâtiments sus désignés sont situés audit hameau du Cran de Ludes, tiennent d'une part sur la route de Louvois où est la principale entrée, par derrière vers Couchant à la plaine de Ludes, du côté de la Montagne, aux Bois, et du côté de Reims à Jean-Baptiste Quenardelle et à Charles Beuzard.

L'adjudication fut faite à Pierre-Joseph Fonsin, entrepreneur de bâtiments, demeurant à Reims, moyennant la somme de 1925 francs. L'acquéreur, comme le fait se passe fréquemment, revendit immédiatement immeubles et terrains, les morcelant entre Joseph Remy, jardinier de Mailly, un voisin Jean-Baptiste Quenardelle, tuilier, et Bertrand Renaud, également tuilier.

         Grâce aux confronts, nous avons pu fixer exactement l'emplacement de la faïencerie du Cran de Ludes. Située en bordure de l'ancienne route de Louvois à Reims, elle fut à l'instauration du cadastre désignée sous les numéros C 33, 34, 35 et 36. De nos jours, après maintes mutations, ces bâtiments et emplacements désignés au cadastre rénové (1962) sous les cotes AV 29, 33 et 34, sont la propriété de MM. Bernard de Varennes, Lucien Quenardelle et Ernest Maillet, mais ne sont plus en bordure de la route départementale n°9 de Louvois à Reims, des travaux ayant remplacé l'ancien chemin d'une pente trop raide, par une route à vastes lacets.

De la descendance masculine de Nicolas-François Vautrin ne subsistait, en 1836, au décès de Marie -Jeanne Minelle, son épouse, que Jean-François, l'aîné, faïencier à Paris, et Louis-François qui, ayant quitté Ludes après la vente de l'usine, exerçait ailleurs son métier et se trouvait alors tourneur en faïence à Lunéville.

 

1812    720 habitants à Ludes.

 

5 juin 1812

         Vente aux enchères des boues du trou du bas de Ludes. Le sieur BRUYANT l'emporte à 17 francs 50 cts.

 

10 mai 1813

         Maire : Antoine Charles COQUEBERT de MONTFORT

         Adjoint : Joseph MILLET

Conseillers : Claude COQUOT, Christophe PERTHOIS, Jean Pierre DAVANNE, Etienne JUPIN, Jean Baptiste MENU, Claude Joseph MONMARTHE, Louis PERTHOIS, François MENU.

         Le conseil délibère à l’unanimité d’aider le Conseil de Fabrique à financer la refonte d’une cloche qui est fendue et qui risque, dans sa chute, de traverser la voute de l’église.

 

29 janvier 1814

          Sur réquisition du Préfet de la Marne, Ludes doit fournir 4 pièces de vin à transporter à l'église St Alpin de Châlons. Rilly, Chigny et Villers Allerand sont soumis au même arrêté.

 

25/26 mars 1814

         La nuit du 25 au 26 mars les cosaques ont foulé aux pieds les archives de la commune. Les traces de terre laissées par les bottes sont encore visibles sur l'état civil.

 

29 avril 1814

          Réquisition de Mr le Prince WOLKOWSKY, gouverneur de la ville de Reims, pour la commune de Ludes :

- 50 bottes de foin,

- 10 hl d'avoine,

- 250 livres de viande.

 

26 février 1815

          Napoléon quitte l'ile d'Elbe avec environ 120  hommes pour reprendre son trône.

 

10 avril 1815

          Par arrêté du préfet, les habitants de Ludes et Chigny doivent fournir 8 pièces de vin pour alimenter les troupes françaises.

 

16 avril 1815

          Un inventaire des chevaux de trait a été fait pour pouvoir fournir l'armée française : 64 chevaux à Ludes.

 

18 avril 1815 au 23 janvier 1816

         La ferme des Monts Fournois aura fournie, suite aux réquisitions pour les armées alliées (les troupes occupants la France suite à la défaite de Napoléon) :

- 704 livres de viande, 592 livres de pain, 295 bottes de foin, 61 bottes de paille et 96 doubles décalitre d'avoine.

 

14 mai 1815

          Par arrêté du sous préfet de Reims Mr LEROY, Ludes doit fournir 24 quintaux de froment et 8 quintaux de seigle pour les troupes russes.

 

 

15 mai 1815

            Election du maire :

Jacques Remi HURÉ, maire

Jacques MICHELET-PERTHOIS, adjoint,

Conseillers : Joseph MILLET, Claude MONMARTHE, Louis PERTHOIS, Jean Baptiste MENU, Claude COQUOT, Jean Pierre DAVANNE, Jean Baptiste Hubert MICHELET, Christophe JUPIN, Nicolas MALINET, Christophe PERTHOIS.

 

19 mai 1815

          Ludes doit fournir 200 livres de viande sur pieds, 100 livres de lard salé et 100 livres de légumes secs.

 

23 mai 1815

          Ordre de la sous préfecture au maire de Ludes, de se trouver le lendemain à 7 heures du matin, terroir de Sermiers, avec 6 voitures à deux colliers, ou 3 voitures à 4 colliers, pour transporter à Reims du bois de charpente destiné à fortifier la ville.

 

8 juin 1815

          Suite à l'arrêté de monsieur le Baron, préfet de la Marne, pour la fourniture de 66 hectolitres d'eau de vie et 350 hectolitres de vin pour l'approvisionnement de la place de Givet, et dans l'impossibilité des communes de fournir les quantités demandées, les achats ont été faits par le maire de Reims et la somme répartie entre les communes de l'arrondissement de Reims. La somme due par Ludes s'élève à 229,20 francs. Cette somme sera répartie entre les habitants de Ludes suivant leurs contributions foncières, personnelle, mobilière, et des patentes.

 

17 juin 1815

          La commune doit fournir 1200 livres de viande sur pieds.

 

22 juin 1815

          Réquisition par le sous-préfet de huit voitures à deux colliers qui devront se trouver à Reims le lendemain à 6 h du matin. Ces voitures seront garnies de paille pour transporter des militaires blessés de l'hôpital de Reims à celui de Soissons.

 

26 juin 1815

          Le maire de la commune de Ludes est requis de fournir 300 bottes de foin et 70 doubles décalitre d'avoine qui devront être versés au magasin militaire rue de Thillois à Reims.

 

12 juillet 1815

          Le maire de Ludes reçoit l'ordre de préparer du logement pour 400 hommes et 400 chevaux, dont 1 major, 4 capitaines et 10 lieutenants, puis préparer des rations tant pour les hommes que pour les chevaux.

 

15 juillet 1815

          Napoléon se livre aux anglais. Il part en Angleterre puis à Ste Hélène.

 

24 juillet 1815

          Le maire est requis de livrer à Mailly pour la subsistance des troupes russes : 1500 livres de pain, 1 pièce de vin, 2 pièces de bière, 6 sacs d'avoine et 500 livres de viande sur pieds.

 

8 août 1815

          Vu l'arrêté de Mr le Baron, Préfet de la Marne, sur réquisition assignée au département de la Marne par Mr l'intendant général des armées impériales Russes, l'arrondissement de Reims fournira 3000 hl d'avoine, 30000 bottes de foin de 10 livres, 6000 quintaux de paille, etc ...

Par arrêté, la commune de Ludes devra fournir, 29 hectolitres d'avoine, 280 bottes de foin de 10 livres et 70 quintaux de paille.

 

5 septembre 1815

          Par arrêté du sous préfet, Mr De GESTAS, l'arrondissement de Reims doit fournir 100 voitures au camp de Vertus. La commune de Ludes fournira  deux voitures ou charrettes attelées de deux chevaux propres à faire le transport des foins et avoines et des autres denrées dans les différents lieux de bivouacs. Le maire recommandera spécialement aux voituriers de se munir de vivres et de fourrages pour plusieurs jours.

 

12 décembre 1815

          La commune de Ludes devra fournir pour le 19 au magasin des Petites-Loges, 1400 livres de pain, bien confectionnés.

 

16 décembre 1815

          Réquisition de 8 voitures à 2 colliers à livrer aux Petites Loges, pour le transport du matériel accompagnant les 20.000 hommes du corps russe. Les sieurs POTEAUX, Etienne FRANCOIS, Pierre JOREZ, ROMIGNY, Baptiste ALEXANDRE ont satisfait à la réquisition.

 

 

Janvier1816

            Nomination du maire par le préfet :

Joseph MILLET, maire et Jacques MICHELET, adjoint.

 

11 mai 1816

            Liste des fournitures et denrées livrées par la commune aux troupes « alliées » qui occupent la France suite à la défaite de Napoléon :

-       11060 livres de viande,

-       55 doubles décalitres d’avoine,

-       50 bottes de foin,

-       44 livres de graisse,

-       23 paires de fer à chevaux et 270 clous,

-       9 stères de bois pour l’ambulance,

-       1 hectolitre d’eau de vie,

Soit une somme totale estimée à 5643 francs 15 cts.

 

Les morts des campagnes Napoléoniennes

 

 

Pierre MALINET, fourrier au 85° régiment de ligne, premier bataillon, 4° compagnie, fils de Remy MALINET et de Marie Françoise SAINTIN, né à Ludes le 14/04/1783, matricule N° 2494, a été tué à la bataille d’Iéna le 14 octobre 1806.

 

Charles SAINTIN, grenadier au 85° régiment de ligne, 3° compagnie, est décédé à l’hôpital militaire de Farbwasser le 27 septembre 1807 par suite de fièvre.

 

Adam QUENARDEL, fourrier au 108° régiment de ligne, 2° bataillon, 6° compagnie, fils de Jacques et de Marie Nicole BEUZART, né le 6 janvier 1775 à Ludes, matricule 519, est décédé le 15 novembre 1807 à l’infirmerie du régiment à Loggitz en Pologne, par suite d’une fièvre nerveuse.

 

Etienne Julien ALEXANDRE, fils de jean baptiste et de Marie Jeanne PICART, né à Ludes le 07/11/1788. Arrivé au corps le 31 mai 1812, 1er bataillon de voltigeurs. Blessé d’un coup de feu le 2 mai 1813 à Lutzen, décédé à l’hôpital d’Erfurt le 27 novembre 1813, suite de blessures reçues le 18 octobre 1813 à Liepzig.

 

Louis Auguste ANTOINE, voltigeur au 75° régiment d’infanterie, 22 ans, fils d’Etienne et de Marie Elisabeth VIVIEN, est décédé à l’hôpital de Lattocha, Madrid (Espagne) le 11 avril 1809, par suite de fièvre.

 

Jean Baptiste BILLY, fusilier au 75° régiment d’infanterie de ligne, 3° bataillon, 2° compagnie, est décédé au grand hôpital de Madrid le 27 avril 1809 par suite de fièvre.

 

Adam MARTINET, né à Ludes le 20/12/1787, fusilier au 58° régiment de ligne est décédé à l’hôtel dieu d’Orléans le 13 mars 1810.

 

Jacques JUPIN, fusilier au 69° régiment de ligne, 2° bataillon, 1° compagnie, N° 7917, a été tué le 15 mars 1811 au pont de la Ceira, province de Beira au Portugal.

 

Pierre DUCHATEAU, né à Ludes le 16/11/1779, fusilier au 54° régiment d’infanterie, 1° bataillon, 1° compagnie est décédé le 26 germinal an 12 (16 avril 1804) suite d’une pneumonie bileuse à l’hôpital d’Osnabruck.

 

Jean Baptiste SAINTIN, fils de Jean et Marie VIVIEN, né le 6 janvier 1775, soldat au 27° régiment d’infanterie de ligne a été tué à Coimbré au Portugal le 4 octobre 1810.

 

Christophe PETIT, soldat dans la 7° demi-brigade d’infanterie, 1° bataillon, 1° compagnie, est mort à l’hôpital de la petite Anse près de St Domingue, le 4 messidor an 10. (23 juin 1802)

 

Alexandre JULLIEN, voltigeur au 136° régiment de ligne, 1° bataillon, est décédé le 27 novembre 1813 à l’hôpital militaire d’Erfurt des suites d’un coup de feu.

 

Sébastien PETRE, 22° régiment de ligne, 21 ans, né à Ludes le 11/03/1793, est décédé le 30 décembre 1813 à l’hôpital de Dijon des suites de blessures.

 

Christophe JACOB, fils de Claude et de Marie Elisabeth SAINTIN, né le 19 juillet 1774, sergent artilleur, est décédé en juillet 1816.

 

Nicolas DEVAUX, fusilier à la 85e demi-brigade de ligne, né à Ludes le 24/08/1782, blessé à la bataille d’Iéna le 14 octobre 1806, mort le 6 novembre 1808 à l’hôpital de Coblentz par suite de fièvre et de blessures.

 

 

Ludéens qui ont fait les campagnes de Napoléon 1er

 

Jean Pierre DUCHESNE, fils de Jean Baptiste et Marie Claude VIVIEN, né à Ludes le 14/10/1787. Arrivé au corps le 19 mars 1812, 3eme bataillon de voltigeurs, prisonnier de guerre le 5 septembre 1813, depuis n’a plus reparu au corps.

 

Jacques BARROIS, fils de Etienne et de Jeanne CHEART, né à Ludes le 06/10/1780. Fusilier de la 85ème demi-brigade de ligne. Blessé à la bataille d’Iéna le 14 octobre 1806. Réformé par l’inspecteur le 25 avril 1807.

 

Jean Nicolas NOIR, fils de Nicolas et de Marie Jeanne GOUGELET, né à Ludes le 12/11/1782. Fusilier à la 85ème demi-brigade de ligne, blessé à la bataille d’Iéna le 14 octobre 1806, congédié avec la retraite le 8 août 1807.

 

Sébastien NOEL, fils de Nicaise et de Marie Nicole TOURNAY, né à Ludes le 5/02/1789. Soldat à la 3ème compagnie d’artillerie des fusiliers de la garde impériale du 9 juin 1809 au 25 février 1813.

 

Jacques Nicolas Toussaint COUTURE (voir son histoire dans la partie « Personnages illustres »)

 

Claude SAINTIN, fils de Christophe et de Marie Claudine SAINTIN, né à Ludes le 01/12/1773. Soldat le 26 novembre 1793 au 108ème régiment de ligne, matricule 520, passé aux vétérans le 17 janvier 1813.

 

François CHAMELOT, fils de Nicolas et de Marie Jeanne FOUREUR, né à Ludes le 07/09/1772. Soldat le 26 novembre 1793 au 108ème régiment de ligne, mat. 521.

 

 

4 mai 1821

    Etienne Tatat, instituteur, touchera 70 F pour conduire, entretenir et sonner la retraite avec les cloches de l'église.

 

 

14 mai 1821

            Suite à la démission de Etienne TATAT, instituteur à Ludes depuis de nombreuses années, le conseil municipal reçoit Vincent Joseph Clément DRAN, instituteur à Verzenay, et accepte sa candidature.

 

4 avril 1823

         Lettre adressée à M. Le Roy, chirurgien-consultant, à Paris.

         Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer ci-joint le certificat de la guérison de la fille de Pierre-Louis Perthois, maréchal ferrant, demeurant à Ludes. Vous n'avez peut-être jamais vu un homme plus joyeux que ce bon père, et plus reconnaissant envers vous. Vous allez être surpris, Monsieur, en apprenant que cette jeune fille a fait usage de cent trente-six doses de vomi-purgatif, et que le purgatif n'a jamais pu passer.

                                               Signé : PHILIPPOT aîné

 

         Monsieur, nous avons enfin obtenu la guérison de notre fille, attaquée d'une maladie si grave, comme vous l'avez appris par ma lettre du 16 janvier 1822, après avoir suivi vos salutaires avis contenus dans la réponse que nous avons eu l'honneur de recevoir de vous. Par votre lettre du 23 du même mois, vous nous avez dit que l'usage de quarante doses de vomi-purgatif, prises de suite, est un fait qui n'a pas encore eu son pareil. Vous ne compreniez pas nos raisons, pour ne lui avoir pas donné le purgatif ; mais nous certifions aujourd'hui que notre enfant, depuis le 15 juillet 1821, qu'elle fait usage de la Médecine curative, n'a pas usé de purgatif, sans le rejeter aussitôt. Comme je pensais que son estomac était encore embarrassé d'humeurs gâtées, je lui donnai quatre ou cinq doses de vomi-purgatif de suite ; le lendemain, je lui donnai le purgatif et, dans l'espace de cinq minutes elle le rendait comme elle l'avait avalé.

Après avoir éprouvé cela plusieurs fois, nous nous sommes fixés pour le vomi-purgatif. Je vous assure que depuis que j'ai reçu votre lettre, l'enfant, âgé de onze ans, a pris cent trente-six doses de vomi-purgatif, et toujours coupé avec du thé. Les évacuations ont été et sont encore abondantes ; elles sont souvent de dix à quinze par le haut, et autant par le bas. Si je vous citais seulement moitié du volume des humeurs qu'elle a rendues, à peine pourriez-vous le croire. Elle rendait très souvent des humeurs gâtées au troisième et aussi au quatrième degré de corruption. Nous avons souvent fait des traitements qui duraient sept jours, quelque fois six, après une suspension de huit jours.

Dans l'intervalle des suspensions, la Nature, aidée de la Médecine curative, opérait si bien, que l'enfant rendait, par les voies basses, des morceaux de glaires recuites de la grosseur de petites noix, dans les dévoiements qu'elle avait, sans éprouver ni douleurs, ni dégoûts. Je croie que sa maladie était vermineuse, car, pendant les trois premiers mois du traitement, elle a rendu, tant par les voies hautes que par les voies basses, quarante-quatre vers d'une grandeur peu commune. Il y en avait de dix à douze pouces de long.

Je vous dirai que, dès le commencement de sa maladie, elle a subi le traitement d'un médecin de Reims, qui lui a fait fixer les ankyloses aux deux genoux. On lui faisait des frictions avec je ne sais quelle eau ; si bien, que ladite eau a fait déplomber le vase d'argile qui la contenait : et seulement pour la frotter, les mains des personnes chargées de cette opération en étaient fatiguées. Ses deux genoux étaient presque deux fois plus gros que dans leur état naturel, et si durs qu'ils résistaient à l'impression des doigts. Au mois de juin 1822, elle pouvait se remuer sans souffrir. Je lui construisis une charriote (petite charrette), pour savoir si elle pourrait se tenir debout, puisqu'elle allait comme ce qui s'appelle un cul-de-jatte. Nous l'avons promenée en poussant cette charriote. Au bout de six semaines, elle la faisait aller seule. J'ai été obligé de hausser graduellement ladite charriote, à mesure que la malade se redressait ; à présent, grâces à Dieu, à la Médecine curative et à sa persévérance, elle marche bien droite et sans bâton.

J'ai employé votre Méthode avec succès pour une pituite qui m'incommodait beaucoup depuis dix ans, avec des douleurs dans les intestins à me faire quelquefois pâmer ; trois traitements de quatre jours ont suffi pour me guérir. Mon épouse, mère de l'enfant dont j'ai parlé précédemment, était cruellement tourmentée d'une goutte-sciatique, soit à l'épaule, soit aux genoux ou aux pieds où l'enflure se portait successivement et avec des douleurs des plus violentes, notamment depuis le mois de novembre jusqu'au dix janvier suivant, où elle entrée dans le traitement de la Médecine curative. Je lui dis plusieurs fois : Si vous souffrez, c'est que vous le voulez bien : car vous n'avez qu'à suivre l'article 3 de la Méthode, et vous vous guérirez. Enfin elle l'a suivi ; et neuf doses de vomi-purgatif avec trois de purgatif ont suffi pour la délivrer de ses souffrances.

Nous ne savons de quelle manière nous exprimer pour vous prouver notre reconnaissance ; mais c'est de tout notre cœur que nous faisons des vœux pour la conservation de vos jours.

                            Louis PERTHOIS, maréchal-ferrant à Ludes

 

Je soussigné, desservant de Ludes, certifie le présent exposé conforme à la vérité. Ludes, 5 avril 1823   LEUILLET,

Et au-dessous, MICHELET, adjoint, Christophe MICHELET, percepteur, et FOURNIER

Vu par nous, Maire de la Commune de Ludes, pour légalisation des signatures ci-contre, et du contenu de cette lettre, et que foi doit y être ajoutée.                         

                                                                  MILLET

                                                        Scellé du sceau de la Mairie.

 

8 mai 1824

         Devis pour faire un plafond plancher dans l'église, longueur 20 mètres, largeur 6,9 mètres par Mr Duguet, architecte. La double porte d'entrée (le sas intérieur) côté nord, est sur le même devis.

 

19 novembre 1825

         La commune louait une maison, rue Brodelet ou Brodel, appartenant à Marie Marguerite BEUZART, veuve de Hubert BARTHELEMY, vigneron, domiciliée au Craon de Ludes. Cette location, par bail verbal, a été dénoncée le 10 septembre 1825. Cette maison servait d'école et de logement à l'instituteur Monsieur DRAN. La commune se trouve dans l'obligation de trouver un autre local pour le 1er janvier 1826.

Le 19 novembre 1825, par acte sous seing privé, la commune acquiert une maison et ses dépendances sise rue du Marc (rue Victor Hugo, actuellement la partie droite de l'école des filles).

 

Cette maison appartenait à Marie Françoise BEAULIEU, veuve Sébastien JUPIN, et ses enfants :      

- Jean Baptiste JUPIN, vigneron

         - Charles Christophe JUPIN, jardinier

         - Sébastien JUPIN, vigneron

         - Claude Cécile JUPIN, vigneron

         - Marie Jeanne JUPIN, épouse de Jean BEAULIEU

 

L'origine de propriété de cette maison en est l'héritage de Christophe JUPIN et Marie Claudine SAINTIN, parents de Sébastien JUPIN, lui-même ayant racheté les parts de son frère et de sa sœur pour une somme de 1400 livres (acte dressé par Charles GALICHET, notaire royal à Rilly).

L'acte de vente définitif de cette maison à la commune a été dressé le 12 novembre 1826 pour une somme de 4325 francs.

 

18 décembre 1826

         Le nommé Jacques Basile MENU ayant atteint le terme de sa condamnation pour voies de fait et jeux prohibés a été mis en liberté après avoir subi une détention de 2 ans de prison à la maison centrale de détention de Clairvaux.

Il lui a été délivré une feuille de route pour se rendre à Ludes d’où il ne pourra s’éloigner sans autorisation, à peine d’être considéré comme vagabond et poursuivi comme tel.

 

10 Mai 1830

         Le conseil municipal vote un crédit extraordinaire de 75 francs sur le budget 1830 pour "l'écolage" des enfants indigents de la commune. Cette somme sera prélevée sur les fonds disponibles et la caisse de survie, pour payer l'instituteur des heures données aux enfants indigents. Il est décidé que pareille somme soit portée au budget de 1831.

 

21 Novembre 1830

         Suite à la circulaire du Préfet de la Marne du 10 novembre, le conseil municipal est convoqué en assemblée extraordinaire pour délibérer sur les travaux de charité et sur les secours à attribuer pendant l'hiver aux indigents valides et invalides.

         Le conseil municipal délibère et arrête d'allouer 300 francs pour les besoins des vieillards, des femmes, des enfants, des malades et infirmes qui sont dans l'indigence, et 300 francs pour les indigents valides qui seraient occupés à fournir des blocailles pour l'entretien des chemins vicinaux de la commune.

 

31 Décembre 1830

         Le conseil municipal arrête les comptes de la commune qui s'établissent à :             Recettes =   17011,14 F

         Dépenses =    5263,23 F

soit un solde positif de 11747,91 F

 

8 Mai 1831

         Le conseil municipal décide de porter aux budgets 1832 et suivants une somme de 50 F pour subvenir au supplément à fournir à la Fabrique de l'Eglise de Ludes.

 

16 Mai 1831

         Le conseil municipal est convoqué, ainsi qu'un nombre égal des propriétaires pris parmi les plus fort imposés à la contribution foncière, à l'effet de procéder, avec l'assistance de l'inspecteur des contributions directes, à la classification du territoire de la commune, à la formation du tarif provisoire des évaluations, et au classement des différentes propriétés.

         Liste des propriétaires les plus forts imposés à la contribution foncière :

                                      Montant des contributions foncières

         De Montfort                    Domicilié à Reims            890,19

         Leroy-Myon                              d°                           542,40

         Barrachin Auguste                     d°                          174,97

         Malo Louis                      Domicilié à Hautvillers     155,02

         Delamotte-Barrachin        Domicilié à Reims           146,26

         Le duc de Montebello       Domicilé à Paris             129,77

         Logeart                           Domicilié à Reims            117,78

         Bazacourt                       Domicilié à Bouzy            111,50

         Petit-Hutin                      Domicilié à Reims              99,72

         Adnet Crinque                 Domicilié à Verzy              95,72

         Compin Jacques              Domicilié à Ludes                 ?

         Coquot Christophe          Domicilié à Ludes                 ?

         Gougelet Henry               Domicilié à Ludes                 ?

 

26 Avril 1831

         Prestation de serment des officiers de la garde nationale :

         Jean Baptiste NOEL          Capitaine

         Jean Pierre HURE              Lieutenant

         Jean Nicolas DEROZIER     Sous-Lieutenant

         "Nous jurons fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume"

 

2 Octobre 1831

         Recensement de 1 moulin à vent et de 14 tuileries (section C N° 15-23-24-27-29-31-35-38-43-72-76-79-82-85)

 

16 Octobre 1831

         Suite à la démission du sieur DRAN, ancien instituteur de la commune, à la date du 1er octobre, le conseil municipal donne le poste à Nicolas Félix ADNET, actuellement instituteur à Fontaine sur Ay.

         Contrat d'embauche de l'époque signé par Adnet et le conseil municipal.

         "Je soussigné, ADNET Nicolas Félix, instituteur et clerc paroissial, reçu par la commune de Ludes, promets de remplir toutes les obligations désignées ci-après :

         1° de sonner la cloche le matin à 6 heures les six mois d'hiver et à 5 heures les 6 mois de l'été, à midi, à onze heures et le rappel à une heure, le soir à la sortie de l'école à 6 heures pendant l'été et à cinq pendant l'hiver ; ainsi que la retraite tous les jours à partir du 2 novembre jusqu'au dernier jour du mois de mars et tous les dimanches et fêtes seulement à neuf heures du soir à partir du 1er avril jusqu'au 2 novembre.

         2° de conduite l'horloge communale et pour la conduite de la dite horloge il sera payé la somme de 40 francs.

         3° d'entretenir la dite horloge des menues réparations, les grosses réparations étant à la charge de la commune.

         4° comme clerc paroissial, de faire tous les services du culte, d'accompagner le prêtre dans toutes les fonctions curiales.

         5° d'ouvrir l'école et tenir l'enseignement simultané pour les élèves tous les jours depuis 6 heures du matin jusqu'à onze et depuis une heure après midi jusqu'à 6 heures du soir, à la réserve des jeudis et samedis seulement jusqu'à trois heures du soir.

         6° pour prix de l'instruction on est convenu de diviser les élèves en trois classes, 1ère, 2ème et 3ème. La 1ère comprendra les enfants qui commencent à écrire et à calculer ou même plus avancés, la 2ème ceux qui liront et qui n'écriront pas encore, et la 3ème sera ceux qui sont à l'alphabet. Il sera payé pour chaque enfant de la 1ère classe soixante centimes par mois et le maître sera tenu de fournir l'encre ; pour ceux de la 2ème quarante centimes et pour ceux de la 3ème et dernière classe trente centimes par mois pour les enfants qui fréquentent l'école.

         7° les enfants qui seront reconnu, par Monsieur le Maire et les Membres du Conseil municipal, être indigent, recevront l'instruction gratuitement.

         8° le sieur ADNET, comme clerc paroissial, recevra par ménage tel qu'il soit marié, homme veuf, femme veuve ou fille, la somme de 1 franc dont la moitié de 6 mois en 6 mois de la dite somme de cinquante centimes.

         9° il est aussi accordé au dit ADNET une indemnité d'un supplément de traitement comme instituteur la somme de deux cent francs alloués sur le budget.

         10° le dit sieur ADNET recevra le sarment comme il est d'usage établi pour les offices qu'il est tenu de chanter gratuitement.

         11° permettons au dit sieur ADNET de se présenter tous les ans au moment de la vendange chez tous les habitants de la commune de Ludes pour y recevoir leur offrande et leur générosité en vin.

         12° le sieur ADNET fera sa tournée tous les 6 mois chez les habitants de la commune pour y percevoir la moitié de la somme de un franc énoncé ci-dessus en l'article 8, et autre argent qui lui serait dû comme pour écolage d'enfants et honoraires des services de l'église, et il sera tenu aussi d'avoir un jour Maître pendant tout l'hiver. Il donnera ses vacances au 1er octobre et reprendra au 1er novembre.

         13° le dit ADNET aura soin de faire porter tous les dimanches autant que le temps le permettra l'eau bénite chez tous les sociétaires du Culte Catholique, et il aura soin d'apprendre les enfants que Monsieur le Curé désignera pour servir la Messe, le Plain-Chant, et tout ce dont il est nécessaire pour l'office de l'Eglise.

         14° la commune s'oblige de fournir un logement convenable pour tenue de l'école et le logement de l'instituteur sans que ce dernier soit obligé aux contributions quelconques.

         15° afin d'alléger les habitants de la commune pour le payement envers l'instituteur Clerc Paroissial nous l'avons nommé et nommons pour secrétaire de la Mairie et du Conseil Municipal et lui donnons pour ses peines et salaire la somme de cent vingt francs portée au budget de la commune et les petits honoraires qui sont dus pour différents objets quelconque. Nous accordons quatre jours de vacance dans le courant de l'année à l'instituteur qui sont les quatre foires de Reims.

 

9 Novembre 1831

         Prestation de serment de fidélité au Roy des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume par les conseillers municipaux nouvellement installés.

Christophe COQUOT                 Adam QUENARDEL

Louis PERTHOIS                         Nicolas NOIR-SAINTIN

Jacques Remy HURÉ                   Nicolas FOUREUR

Henry Guillaume BEUZART         Jean Christophe SAINTIN-MENU

Jean BEAULIEU                           Nicolas Augustin CREVEAUX

Claude Joseph MONMARTHE      Jean Baptiste Claude DUCHENE

 

10 Décembre 1831

         Sont nommés

         Maire           Jacques Remy HURÉ, Tuilier

         Adjoint        Jean BEAULIEU, Vigneron.

 

22 Décembre 1831

         Prestation de serment du Maire et de l'Adjoint.

 

29 Décembre 1831

         Même délibération que le 21 novembre 1830, mais la somme est ramenée à 2 fois 200 F.


6 Février 1832

         Le conseil Municipal demande au Préfet un supplément de crédit de 330 F sur le budget 1832 pour les réparations à faire aux bâtiments de la commune tels que l'église, le presbytère, la halle, la maison commune dite la maison d'école et les murs du cimetière. Il demande également un supplément de crédit de 100 F pour être employé au service de la garde nationale, dont vingt francs pour l'instruction d'un tambour pendant quatre mois, 30 francs pour l'achat d'une caisse et 50 francs pour l'habillement de deux tambours.

 

3 Mai 1832

         Le conseil municipal vote un supplément de crédit de 150 F pour subvenir à la dépense de l'achat du drapeau du Bataillon de Verzenay auquel notre garde nationale appartient, un supplément de crédit de 150 F pour l'acquisition de médicaments (détaillés dans la circulaire du préfet), car en cas d'invasion du choléra morbus, cette somme pourrait suffire.

         Budget prévisionnel de l'année 1883

Recettes 11181,98 F

         Les plus gros postes :

         - produit des bois communaux                     2000,00

         - prestation des chemins communaux           1800,00

         - centimes additionnels                                 309,90

Dépenses 5506,19 F

         Les plus gros postes :

         - Salaire du garde champêtre                          300,00

         - Culte, traitement du desservant                             300,00

         - Contributions foncières                                300,00

         - Greffier                                                       120,00

         - Garde nationale                                           100,00

         - Enfant trouvé                                              150,00

         - Entretien de l'église                                      150,00

         - Entretien des chemins                                1800,00

         - Traitement de l'instituteur                            200,00

 

         Le conseil municipal demande un supplément de crédit de 24f pour subvenir aux frais de la prestation de serment de fidélité au roi des quatre gardes auxiliaires délégués pour les terroirs de Ludes.

 

         Le conseil municipal décide, vu l'arrêté du Préfet en date du 8 avril 1826, considérant que tous les hommes valides ayant atteint l'âge de 20 ans accompli seront tenus à la prestation, les chevaux, les mulets et bêtes de somme, les bêtes asines, doivent l'entretien des chemins vicinaux : deux journées de travail pour chacune des personnes pour laquelle la prestation est due, deux journées de chaque bête de trait ou de somme, de chaque cheval de selle ou d'attelage de luxe, deux journées de charrette, fixe le taux de la conversion en argent des dites prestations en nature ainsi qu'il suit :

 

         - 3F50 pour chaque journée de bête de trait, de somme, etc...

         - 2F50 pour chaque journée de charrette.

 

         Le conseil municipal nomme quatre gardes auxiliaires pour seconder les deux gardes champêtres qui ne sont pas suffisant pour le terroir de Ludes, attendu que des délits sont commis à chaque instant sans que les gardes puissent trouver les délinquants. Tels que dans les temps de la moisson, la vendange et principalement la taille des vignes, plusieurs personnes se sont plaintes qu'on leur avait enlevé leur bois dans leurs vignes.

         Quatre personnes se sont offertes à accomplir gratuitement ces fonctions :

                   - Jacques MICHELET-PERTHOIS, cultivateur

                   - Jean Baptiste FORGET, vigneron

                   - Christophe SAINTIN, vigneron

                   - Henry BEUZART-GUILLAUME, tuilier.

 

24 Juin 1832

         La somme de 150 F demandée précédemment pour l'achat de médicament, payer les infirmiers et Messieurs les chirurgiens n'est pas assez forte et qu'en conséquence la maladie au lieu de cesser ne fait que se propager, le conseil municipal demande au Préfet de bien vouloir autoriser un supplément de crédit de 600 F sur le budget de 1832, attendu que la caisse le permet.

 

9 Novembre 1832

         Suite à la lettre du conseil municipal de Sillery demandant à la commune de Ludes de bien vouloir délibérer sur la décision de Sillery, à savoir la création de deux foires, l'une à La Pompelle le lundi de Pentecôte et l'autre au 19 septembre, sans que cela puisse nuire aux intérêts de celle de Ludes, le conseil municipal de Ludes délibère favorablement.

 

9 Février 1833

         Le conseil municipal demande un supplément de crédit au Préfet de 100 F pour : faire ouvrir un lieu d'aisance dans le jardin de la maison commune pour l'utilité de l'instituteur et de ses élèves, attendu que l'ancien lieu est encombré.

         Le conseil municipal demande un supplément de crédit au Préfet de 100 F pour l'achat de 8 chakots pour 40 F, de 7 buffetiers de sabre pour 22F75, de deux paires de gants de sapeurs-pompiers pour 11 F, de quatre paires de galons de sergent pour 3 F, de huit paires de galons de caporaux pour 4F80, de deux accessoires de buffetières de sapeurs pour 10 F, de deux tabliers de sapeurs pour 6 francs et de deux cuissières de tambours pour 2 F, attendu que les hommes à qui on déléguera ce fourniment se chargent d'acheter le reste à leur compte pour s'équiper en uniforme.

 

6 Mai 1833

         Le conseil municipal autorise le sieur CULDEAU, meunier propriétaire d'un moulin à vent situé sur le bord de la route, à entourer celui-ci d'un mur afin d'éviter aux passants, hommes et animaux, de recevoir un coup des ailes de son moulin, attendu que le chemin de Chigny à Taissy passe au pied de celui-ci. Le chemin sera légèrement déplacé. (actuellement, un vestige du mur est encore visible, au stop du cd233, route de Reims).

 

Comptes de la commune au 31 décembre 1832

                   Recettes                16321,21

                   Dépenses                6396,69

                   Solde positif            9924,52

 

         Le conseil municipal fixe les taux pour les prestations en nature pour la réparation des chemins communaux. (voir le 3 mai 1832)

         - 1F50 pour chaque journée de travail

         - 3 F pour chaque journée de bête de trait ou de somme.

         - 2 F pour chaque journée de charrette/

 

21 Juillet 1833

         Le conseil municipal demande au Préfet un supplément de budget de 100 F pour célébrer la fête de l'anniversaire des trois journées de Juillet 27-28-29, en faisant la charité aux indigents, et pour donner plus d'éclat à la fête, faire rassembler la garde nationale et leur faire faire une petite récréation et donner bal gratis aux jeunes gens.

 

6 Août 1833

         Le maire expose "que le cimetière de la commune étant rempli de mort et qu'il est impossible d'enterrer aujourd'hui, sans retirer des cadavres de terre qui sont à peine pourris, qu'il fallait de toute nécessité pourvoir aux moyens de s'en munir d'un autre et qu'il existait un moyen bien simple attendu qu'il existe une petite propriété d'environ une verge 1/2 tenant au dit cimetière et appartenant au sieur Remy COUTURE (A). Le conseil municipal demande au Préfet l'autorisation d'acquisition pour une somme de 150 F, prix que ledit COUTURE demande.

 

18 Août 1833

         La loi du 28 juin 1833 relative à l'instruction primaire publique ainsi que deux circulaires du 24 juillet 1833 et 29 juillet 1833, le maire expose qu'il résulte de ces 3 pièces de faire un traitement fixe à l'instituteur qui puisse lui assurer une existence honorable et qui le place au-dessus du besoin. L'article 9 de la loi impose à chaque commune, l'obligation d'entretenir soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines, une école publique primaire élémentaire.

         Le conseil municipal estimant que la commune n'étant pas d'une trop forte population, qu'un instituteur suffisait dans la commune pour l'instruction de la jeunesse, attendu que le dit instituteur est tenu d'avoir avec lui un sous-maître depuis le 1er novembre jusqu'au 1er mai, qui soit presque aussi fort que lui et pour l'été l'école n'étant fréquentée que par des enfants d'un bas âge, il est facile à l'instituteur seul de faire son école, attendu qu'il l'a déjà bien fait jusqu'alors, nous espérons qu'il continuera. Quant à son traitement fixe, qui était précédemment de 200 F, sera porté au 1er janvier 1834 à 500 F.

Sur ce traitement, l'instituteur est tenu "d'écoler" gratuitement 25 enfants indigents.

 

10 mai 1834       

Compte de la commune :

         Au 31 décembre 1833, excédent de recettes de 9887,58 F.

         Projet d'entretien des chemins communaux pour 1835. Considérant que les chemins de la commune ont besoin de réparation, il sera pourvu à leur rétablissement en imposant à la corvée. Tous les hommes valides depuis 20 ans accomplis et au-dessus, les chevaux, mulets et ânes seront réquisitionnés :

         - deux journées de travail pour chacune des personnes pour lesquelles la prestation est due aux termes de la loi (loi du 28/07/1824).

         - deux journées de chaque bête de trait ou de somme, de chaque cheval de selle ou d'attelage de luxe.

         - deux journées par chaque charrette.

         Taux des prestations :

         - 1F50 par chaque journée de travail,

         - 3 F par chaque journée de bête de trait, de somme ou de luxe,

         - 2 F par chaque journée de charrette.

 

18 mai 1834       

Traitement de l'instituteur.

         Délibéré et voté que l'instituteur recevrait toujours son même traitement annuel de 500 F pris sur les revenus communaux, que la rétribution mensuelle serait de 30, 40 et 50c. payés par les parents, chaque mois, suivant le niveau de la classe, et qu'il instruirait gratuitement 25 enfants indigents.

 

         Budget 1835.

         On trouve dans les dépenses ordinaires :

                   - conduite de l'horloge                          40F

                   - rétribution du tambour                       21F

                   - enfants trouvés                                114F05

         au chapitre 3 Culte :

                   - traitement du desservant                           300F

                   - entretien de l'église                          150F

                   - entretien du presbytère                       50F

         au chapitre 4 Travaux publics

                   - entretien de la halle                            15F

                   - entretien de la maison commune         50F

                   - entretien des fontaines                     130F

                   - entretien du pavé                             200F

 

24 octobre 1834

         Tirage au sort pour connaître les conseillers sortants pour le renouvellement triennal des conseillers.

 

5 novembre 1834

         Election partielle des conseillers.

 

31 décembre 1834

         Prestation de serment de fidélité au Roi par le conseil municipal.

         Jacques Remy HURE - Jean BEAULIEU - Claude Joseph MONMARTHE - Louis PERTHOIS - Nicolas NOIR - Adam QUENARDEL - Joseph MILLET - Jacques MICHELET - Jean Baptiste DUCHENE - MAILLEFERT-COQUEBERT - Guillaume BEUZART - Jean Baptiste SAINTIN

         Le préfet nomme comme Maire Jacques Remy HURE et comme adjoint Jean BEAULIEU.

 

15 janvier 1835

         Le garde champêtre, Etienne Nicolas FOUREUR, démissionne. Jean Baptiste FORGET est nommé à sa place.

         Plusieurs habitants de la commune sont venus se plaindre de ce qu'il n'y avait pas assez de discipline dans la commune, que les jeunes gens ne se rangeaient pas assez tôt à leurs devoirs, qu'ils profitaient d'une grande partie de la nuit des dimanches et fêtes pour se divertir, ce qui est contraire aux bonnes mœurs.

 

15 janvier 1835

         Inventaire concernant l'école de Ludes.

         Les livres :

                   - Histoire sainte par Mr Ansart.

                   - Histoire de France par Mr Ansart.

                   - Géographie par Mr Soulice.

                   - Choix gradué par Mr Soulice.

                   - Psautier de David, 150 psaumes.

                   - Grammaire grosse par Mr Bescherelle.

                   - Grammaire petite par Mr Lhomond.

                   - Mr Marcel ou l'ami de la jeunesse.

                   - Pensée chrétienne.

                   - Syllabaires gros et petit.

 

         Nombre d'élèves :

                   - en hiver : 75

                   - en été : 35

                   - indigents : 8

 

         Nicolas Félix ADNET, instituteur, âgé de 35 ans, marié, deux filles. Breveté le 26 avril 1828. Institué le 30 septembre 1836.

         Traitement :

                   - traitement fixe                                 650 F

                   - rétribution mensuelle                       200 F

                   - greffe                                                120F

                   - conduite de l'horloge                          40F

                   - revenu comme clerc paroissial            60F

 

9 août 1835

         La première foire de Ludes était fixée le dimanche qui suit le 27 juin depuis des temps immémoriaux, et tombait toujours avec celle de Tours sur Marne ce qui n'amène personne à Ludes. La date est donc changée et est établie le premier lundi qui suit le 24 juin, ce qui permettra d'établir une foire aux bestiaux qui ne peut pas se pratiquer le dimanche. Une deuxième foire est établie le premier lundi qui suit le 29 août.

 

6 mai 1836

         Solde positif des comptes de la commune au 31/12/1835 arrêté à 9169F78.

         Fixe le traitement de l'instituteur qui se situe à la même somme qu'au 18/5/1834.

         Fixe le taux des prestations pour les corvées des chemins,

         - 1F50 par chaque journée de travail,

         - 3F par chaque journée de bête de trait, de somme ou de luxe,

         - 2F par chaque journée de charrette.

 

1836

          Recensement de la population : 875 habitants

Sexe masculin : 429 personnes dont 13 veufs, 185 hommes mariés et 231 garçons.

Sexe féminin : 446 personnes dont 28 veuves, 186 femmes mariées et 232 filles.

 

4 mai 1837

         Solde positif au 31/12/1836 de 7653F17.

         Le maire expose au conseil que plusieurs habitants de la commune se permettent de vendre aux habitants des communes voisines, de la terre à bâtir, de la terre de bruyère, du sable blanc, du sable jaune et même de la terre noire ou terre sulfureuse, qu'ils tirent sur la plaine de la commune, propriété communale. Le maire demande au préfet l'autorisation de verbaliser.

 

18 août 1837 (Journal "L'Industriel de la Champagne")

       Un grand malheur vient d'arriver à Ludes; Vendredi 18 courant , le sieur Billy, domestique de M. Astoin de Ludes, conduisait de Louvois à Rheims, une voiture attelée d'un seul cheval, chargée de sable, et portant la bonne d'enfant de son maître et un enfant de 20 mois. Le chien qui accompagnait se jette en jouant entre les jambes du cheval, qui a peur et s'emporte. Billy s'élance pour l'arrêter, et tombe raide-mort, atteint entre les épaules par le timon de la voiture. Une roue de la voiture a passé à quelques pouces seulement d'une berge profonde de trois pieds. Si elle avait versé, c'en était fait aussi probablement de la bonne et de son enfant.

 

4 mars 1838

         Le montant de la dépense pour l'achat et l'installation d'une nouvelle horloge à Louis Pierre Pruneau, horloger patenté à Reims, s'élève à 1450F.

         Cette nouvelle horloge ordonnait sur les 3 cloches le rythme du temps ainsi :

         - un coup de marteau sur la moyenne et un sur la petite pour les quarts,

         - ceci deux fois pour les demies,

         - trois fois pour les trois quarts,

         - quatre fois pour les heures, suivis sur la grosse cloche les coups nécessaires au nombre d'heures, puis répétition aux heures.

         Cécile Saguet parfois aidée de son cousin "Paulin" remontait avec peine les poids du prodigieux mécanisme.

         Les carillonneurs, non rémunérés, se firent de plus en plus rares.

Le coût des réparations et l'intolérance des sonneries de nuit immobilisèrent le magnifique système, et dernier outrage, le cadran fut condamné.

         On oublia peu à peu ces jolies mélodies et ritournelles qui étaient cependant une manifestation d'art populaire.

L'électrification effectuée en 1955 par Mr Hazebrouck de Châlons, fixa à 3 sonneries distinctes les différents offices.

 

7 mars 1838

         Le conseil municipal, considérant que la commune de Ludes a de toute nécessité besoin d'une horloge communale, estime qu'il y a lieu d'en faire l'acquisition.

L'horloge est achetée au sieur PRUNEAUX, horloger à Reims, pour la somme de 1500 F, et garantie 2 ans. (Horloge posée le 2 juillet 1838).

 

5 mai 1838

         Solde positif des comptes au 31/12/1837 : 6893F21.

 

7 décembre 1838 (Journal Le Constitutionnel)

 

Cinq jeunes gens de Reims sont allés dimanche à Ludes, où ils ont scandalisé, par leurs danses trop peu académiques, les habitants du village. Le maire de Ludes leur a fait des remontrances, auxquelles il paraît que les jeunes gens répondirent peu respectueusement. M. le maire a porté plainte, et le cancan les mènera en police correctionnelle, sous la prévention d’outrage aux mœurs et d’insultes à un magistrat dans l’exercice de ses fonctions.

 

1839 Dépenses du budget :

                   Traitement du secrétaire de mairie                120F

                   Conduite de l'horloge communale                   40F

                   Entretien des halles et marchés                       15F

                   Entretien des fontaines                                130F

                   Entretien des rues                                        200F

                   Entretien de la remise de la pompe                  12F

                   Traitement du garde champêtre                    300F

                   Traitement du garde forestier                         50F

                   Visite des fours et cheminées                         15F

                   Entretien de la pompe et seaux                       70F

                   Dépenses ordinaires de la garde nationale       40F

 

28 décembre 1839

         Sébastien Marie NOIR-QUENARDEL, propriétaire à Ludes demande à acquérir une portion de terrain sur les usages communaux pour la construction d'une nouvelle tuilerie, dont la contenance serait de 18a96.

         Jean Baptiste BEUZART-CHAUVET, propriétaire à Ludes, demande à acquérir une portion de terrain sur les usages communaux contigüe à sa tuilerie pour servir d'agrandissement au terrain qui l'entoure, pour plus grande commodité et aisance dans sa fabrique de tuile, dont la contenance serait de 3a17ca.

         Jean Baptiste TRUCHART-BARROIS fait la même demande que ci-dessus pour une surface de 3a61ca.

         L'autorisation de vendre ces terrains communaux est demandée à l'autorité supérieure pour la somme de 32 F l'are.

 

8 février 1840

         Démission du garde champêtre Jean Baptiste FORGET, remplacé par Etienne Nicolas FOUREUR, vigneron à Ludes.

                           

5 mai 1841

         Le conseil municipal arrête le traitement de l'instituteur pour 1842 à 500 F.

 

10 août 1841

         Le maire expose qu'il existe encore dans la commune une ancienne coutume, en vertu de laquelle l'instituteur se présente au moment de la vendange dans le pressoir, pour y recevoir une portion quelconque de vin subordonnée à la volonté du propriétaire, que cette coutume est une des plus pénibles et disgracieuses pour l'instituteur, qu'il demande à ce qu'elle soit supprimée et remplacée par une somme quelconque portée au budget ; dans ce cas il s'obligerait au moment des vendanges, temps de ses vacances, de garder tous les enfants que les parents voudraient bien lui confier, et sans augmentation de rétribution mensuelle.

         La somme proposée qui sera portée au budget est de 150 F par an.

 

12 août 1841 - Vagabondage et vol

       Jean-Baptiste Mozet, âgé de 45 ans, se disant ouvrier charpentier, natif de Donchery ( Ardennes), sans domicile fixe, se trouvait, le 12 août ,dans le cabaret tenu à Ludes par le sieur Romagny-Derinville, où il buvait une bouteille de vin. Profitant d’un moment favorable au dessein qu'il avait sans doute formé, il prit un morceau de savon du poids de 500 grammes environ, puis il sortit de la maison et alla chez le sieur Jardret, maçon, qu'il connaissait depuis plusieurs années et auquel, dit-il, il voulait faire une visite. Ce dernier s'étant absenté quelques instants pour se rendre dans son jardin, Mozet lui vola son sarrau, qu'il cacha sous ses vêtements avec le morceau de savon. Après le départ de son visiteur, Jardret s'aperçut de la soustraction commise à son préjudice. Il se mit aussitôt à la poursuite de Mozet, qu'il ne tarda pas à appréhender au corps chez le sieur Legrand-Heurpé, où il le fouilla et le trouva nanti du savon et de la blouse volés, mais dépourvu des papiers qui font la sécurité de l'homme honnête qui voyage.

Déclaré coupable du double délit à lui imputé, et conformément aux articles 269, 270, 271, 379, 401, 463 du code pénal, 365 et 194 du code d'instruction criminelle, le prévenu a été condamné à six mois d’emprisonnement et aux frais du procès. Il a été ordonné qu'à l'expiration de sa peine, Mozet demeurerait placé, pendant 5 ans, sous la surveillance de la haute police de l’état.

 

27 août 1841

         Mr Bertrand RENAULT fait une demande pour établir un four à chaux au Craon de Ludes. Autorisation accordée par le sous-préfet le 4 septembre 1841.

                           

2 septembre 1841

         Fixation de la rétribution mensuelle de l'instituteur :

         - traitement annuel 650 F

         Le traitement mensuel pour l'année 1841-42 sera fixée à :

         - pour les élèves qui apprennent à lire et à écrire, 60 centimes par mois,

         - pour les élèves qui apprennent à lire seulement, 40 centimes par mois,

         - pour les enfants à l'alphabet, 30 centimes par mois.

         La liste des élèves qui doivent être admis gratuitement dans l'école communale est arrêtée à la liste suivante :

         Alexandre SAGUET, Isidore SAGUET, Honoré SAGUET, Léopold DEROZIER, Stéphanie DEROZIER, Zépherine COLLIGNON, Louise COLLIGNON, Victorine COLLIGNON, Léon HURE, Françoise BOISSE, Ismérie BOISSE, Scholastique BOISSE, Fleurentine ALEXANDRE, Noémie BEAULIEU, Ernestine BEAULIEU, Féliciana BEAULIEU, Jean Baptiste JUPIN.

 

30 décembre 1841

         Le conseil vote une subvention de 100F pour l'établissement d'une ligne de chemin de fer PARIS-STRASBOURG qui doit passer dans la Marne, si la décision est adoptée par la chambre des députés.

 

6 mai 1842

         Les élèves fréquentant l'école communale sont de 150.

         Pour 1843, le traitement annuel de l'instituteur reste à 650F. Le tarif mensuel est fixé à 60, 50 et 40 centimes suivant les différents niveaux d'étude indiqués plus hauts.

 

20 juillet 1842

         Demande d'indemnité auprès du gouvernement pour venir au secours des propriétaires de vignes qui ont souffert de la grêle qui est tombée par suite de l'orage épouvantable qui est venu fondre sur notre village le 21 juin dernier, lequel a détruit les trois quarts et même plus de notre territoire en vignes. (environ 62ha parmi les meilleurs). Estimation de perte de 12 hl par ha au prix moyen de 50F l'hl.

 

7 octobre 1842 – Journal « La Patrie »

 

        Les vendanges sont fort avancées dans la montagne de Reims, à Rilly, Chigny, Ludes, etc. Le vin est de qualité supérieure, très-abondant, et ne sera pas aussi cher qu’on l’avait pensé d’abord. Les récoltes, qui avaient d’abord trouvé des acheteurs à des prix tout-à-fait exagérés, sont revenues à un taux plus raisonnable.

 

13 octobre 1842

        Annonce dans le journal « L’Industriel Républicain » - On demande un jeune homme de 15 à 16 ans ayant déjà quelques connaissances, pour être sous-maître. S’adresser à l’instituteur primaire de Ludes.

 

30 octobre 1842

         Lecture de l'arrêté du Préfet du 20 septembre dernier relatif à l'extinction de la mendicité dans le département de la Marne.

         - Le conseil municipal décide que les mendiants de la commune seront entretenus par elle.

         - que pour subvenir à leur existence, il sera fait au moins deux quêtes par an dans la commune par Messieurs les membres du bureau de bienfaisance.

         - que si les quêtes ne produisent pas 500F environ, somme qui est nécessaire à l'entretien des pauvres et indigents de la commune, il sera demandé au Préfet l'autorisation d'une imposition extraordinaire sur les quatre contributions directes de la commune, jusqu'à concurrence de la somme de 500F.

 

9 décembre 1842

         Depuis l'ouverture de l'école à Ludes, il n'existait qu'une classe mixte dirigée par l'instituteur.

         La Loi sur l'instruction primaire demande la séparation des deux sexes qui fréquentent l'école communale.

         Le conseil décide donc la création d'une école communale pour les filles qui sera dirigée par Melle LEMOINE, avec un traitement fixe de 250F assuré par la commune. En plus elle aura une rétribution mensuelle, versée par les parents et par enfants, de 40 centimes pour les enfants à l'alphabet, 50 centimes pour ceux qui lisent et 60 centimes pour ceux qui écrivent.

         L'institutrice sera tenue d'ouvrir sa classe depuis le 1er novembre jusqu'au 1er avril à 7h du matin et depuis le 1er avril jusqu'au 1er novembre à 6h du matin, de sortir toute l'année à 11h15. L'après-midi, entrée en classe à 1h et en sortir à 5h du soir et à 6h du soir du 1er avril au 1er novembre. Les jeudis et samedis, elle pourra renvoyer ses élèves à 3h du soir.

         L'école des filles sera tenue dans la maison commune où il sera fait un mur de séparation entre la classe des garçons et des filles.

 

Comptes de l'exercice 1842

                   Dépenses :

                   - Salaires des gardes champêtres                 300F

                   - Assurance des édifices communaux            22F85

                   - Conduite et entretien de l'horloge               44F

                   - Entretien des ponts et aqueducs               250F

                   - Entretien pompes à incendie                       31F

                   - Entretien des murs du cimetière                120F

                   - Traitement de l'instituteur                         650F

- Supplément de traitement au curé           300F

                   - Entretien de l'église                                   150F

 

Janvier 1843

         Ludes avait 885 habitants.

Les électeurs communaux étaient recensés d'après le montant de leurs impôts. Une liste de 94 électeurs a été établie. Le plus imposé payait 1392 francs, le 94e payait 38 francs.

 

6 mai 1843

         Il n'y avait pas à cette époque d'entreprises de travaux publics pour refaire les routes et chemins vicinaux de la commune. La charge en incombait totalement aux habitants, qui devaient donner deux journées de travail, rémunérées par la commune.

 

Les tarifs ci-dessous étaient appliqués à cette époque (prix au m3) :

- ramassage de pierre dans les terrains situés terroir de Ludes, lieudit La Montagne : 1F25

- extraction de pierre au même lieu : 1F25

- cassage de pierre de la grosseur de 6cm : 2F

- cassage de pierre de la grosseur de 8cm : 1F

- cassage de pierre de la grosseur de 15 cm : 0F75

- extraction de petite craie (crayon) : 0F50

- transport à la brouette à la distance de 10m : 4 centimes

- chargement en brouette : 6 cts.

- transport à la voiture pour le parcours des premiers 100 mètres, chargement et déchargement : 40 cts.

- pour chaque 100 mètres en plus : 7 cts

- transport sur le chemin vicinal N°2 de Ludes à Mailly : 2F40

- transport sur le C.V. N°1 de Ludes à Reims : 2F90

- transport sur le C.V. N°3 de Ludes à Chigny : 2F40

- terrassement ordinaire sans dressement de faces ni de talus : 40 cts.

- ouverture de fossé, de forme d'encaissement et dressement d'accotements : 45    cts.

- emploi à la pelle de pierres de 6cm à 8cm de diamètre : 30 cts.

- emploi à la pelle de pierres de 15 cm : 75 cts

- emploi de graviers : 15 cts.

 

6 août 1843

         Projet de reconstruction à neuf de la fontaine communale, ainsi que des conduites d'eau qui amènent à celle-ci des sources de la montagne.

         Devis présenté par le maire : 2982F99

         Autorisation est demandée au préfet pour ouvrir un crédit de cette somme sur les fonds de la commune.

 

10 février 1844

         M. Jean Nicolas BEUZART-FOUREUR, tuilier au Craon de Ludes, demande à la commune de bien vouloir lui rendre une portion de terrain sur les usages de la commune, pour la reconstruction de ses bâtiments et chantiers servant à la fabrication de tuiles, attendu que le département va s'emparer d'une grande partie de sa propriété pour le contournement et changement de direction de la route de Reims à Louvois.

 

         Devant l'âge avancé du garde champêtre Jacques Basile GOUGELET, et sa difficulté à se déplacer sur le terroir de la commune, le conseil municipal le remplace par Marc Julien PICARD, jeune homme de 30 ans, pour un traitement annuel de 500F.

 

1er mars 1844

       Le maire de la commune prévient le public qu’un procès-verbal d’enquête est ouverte à la mairie de Ludes, pour recevoir les déclarations et réclamations concernant la rectification approuvée de la côte du Cran-de-Ludes, route départementale n° 3, de Rheims à Epernay ; que le plan parcellaire des propriétés à acquérir est déposé à la mairie, où les personnes intéressées pourront en prendre connaissance tous les jours depuis le 3 mars jusqu’au 11 du même mois ; passé ce délai, aucune réclamation ne sera plus admise.

 

10 mars 1844

         Liste des propriétaires exploitants tuiliers au Craon de Ludes :

Adam QUENARDEL, Jean Baptiste JUPIN-CARRE, Jean Pierre HURE-ABBE, Sébastien Marie NOIR, Victor CHEART, Jean Marie NOIR, Jacques NOIR, Basle Nicolas FOUREUR, Etienne Louis PERTHOIS, Pierre Nicolas Louis DUMATRAS, Jean Baptiste TRUCHART, Jean Louis Baptiste QUENARDEL-BRACQUEMART, Jean Baptiste QUENARDEL-COQUOT, Jérôme Nicolas Joseph ROMAGNY, Jean Nicolas BEUZART-FOUREUR.

 

16 mars 1844

         Nicolas Félix ADNET, arpenteur patenté pour 1844 à la résidence de Ludes, délimite les mares d'eau situées au bas du village et appartenant à la commune.

 

 

9 mai 1844

         140 élèves à l'école communale dont 18 indigents.

 

1844

         Déplacement de la route départementale Reims Louvois dans la traverse du Craon de Ludes.

 

9 août 1844

         Le maire expose, qu'avant de terminer les travaux de la fontaine, il serait nécessaire de recueillir trois sources qui existent sur les usages communaux, et qui ne sont pas bien éloignées du grand regard de réunion, afin de grossir le volume d'eau qui arrive à Ludes.

 

20 septembre 1844

         Devis de renforcement de la nef de l'Église par ceinturage d'une bande métallique et renforcement avec tirants intérieurs. Poids du métal : 1070 kg.

 

21 septembre 1844 – Journal de Seine et Marne

 

On assure que des employés de l'administration des ponts-et-chaussées vont commencer l’élude d’un tracé du chemin de fer entre Rheims et Epernay. La direction générale de ce tracé serait par Cormontreuil, Taissy et le Craon de-Ludes. Il est probable que d’autres études seront également faites sur les autres points de la montagne qui peuvent offrir un passage au tracé abrégeant le chemin entre Rheims et Paris.

 

 

24 septembre 1844

         Le conseil accepte le devis de M. TORTRAD, ancien entrepreneur de bâtiment à Reims, pour la consolidation de l'église qui menace de fondre sous peu de temps, pour une somme de 2032 F.

 

8 avril 1845

         Etienne CHEART, propriétaire demeurant au Craon de Ludes, demande à acquérir une portion de terrain sur les usages communaux afin d'y établir un moulin à vent. Le terrain est situé au lieudit " le bois Quatresols ".

Surface de 4a49, pour un prix de 224F72.

 

5 mai 1845

         Seize élèves nécessiteux ont droit à l'école gratuite.

 

17 novembre 1845

        Assises de la Marne. Jean Baptiste JOREZ, ouvrier menuisier, âgé de 23 ans, né à Ludes. Dans la nuit du 20 août dernier, il s’est introduit par escalade dans une maison en construction appartenant à M. Croutelle et y a dérobé, en brisant ou forçant un tiroir de bureau, une somme de cinquante francs, environ, qui s’y trouvait. Jorez travaillait dans cette maison  en qualité de menuisier et en connaissait parfaitement toutes les dispositions. Soupçonné et arrêté presque immédiatement, Jorez a avoué le vol à lui imputé ; seulement il affirme n’avoir pris que trente francs. Aux débats il renouvelle ses aveux. Cet accusé, qui a déjà subi une condamnation à six mois d’emprisonnement, est déclaré coupable par le jury et condamné par la cour à cinq ans de travaux forcés sans exposition.

 

28 avril 1846

         Le conseil, après avoir pris connaissance de la circulaire du préfet du 17 courant, concernant la fête de sa majesté le Roi des Français, prie M. le préfet de bien vouloir ouvrir un crédit de 200F au budget de 1846 pour être employé au soulagement des malheureux et aux réjouissances publiques.

 

5 mai 1846         

         150 élèves à l'école communale dont 18 enfants indigents admis gratuitement à l'école.

         Nomination de cinq gardes champêtres auxiliaires pour aider les deux gardes actuels :

         - Victor DANEAUX, cultivateur.

         - Jean Baptiste QUENARDEL-COQUOT, propriétaire.

         - Etienne Louis PERTHOIS-COMPIN, cultivateur.

         - Jean Nicolas BEUZART-FOUREUR, tuilier et propriétaire

         - Jean Baptiste NOIR-ANCHEZ, cultivateur.

 

20 juin 1846

Journal "L'Industriel de la Champagne"

Le dimanche 14 juin 1846, à 9 heures du soir, Mr Jean Valentin PETIT-ARNOULT, 37 ans, s'est noyé en se baignat dans une petite mare située au Craon de Ludes. Il laisse une femme et cinq enfants en bas âge.

 

8 août 1846

         Nomination d'un nouveau garde auxiliaire, Jean Louis QUENARDEL-BEUZART, propriétaire, demeurant au Craon de Ludes.

 

10 août 1846

         Victor FRANSQUIN, meunier, demeurant à Villers aux Nœuds, demande à acquérir un terrain communal pour construire un moulin à vent.

         Lieudit " le bois Quatresols ", surface 10a56 pour une somme de 633F60.


hameau craon de ludes
Le hameau du Craon en 1847 : les fours et les sources

5 mai 1847

         Le conseil vote trois journées de prestations en nature pour l'entretien des chemins vicinaux.

         Le conseil accepte le devis de M. Tortrat fils, architecte demeurant à Reims, pour la somme de 9423F52, pour l'établissement de plusieurs fontaines et lavoirs dans la commune et le hameau du Craon de Ludes, et de la reconstruction de l'abreuvoir sur la place publique.

 

2 novembre 1847

Après la démission de l'institutrice Célestine LEMOINE, le conseil accepte la candidature de Marie Françoise MOREAUX, née le 6 février 1826 à Montbré. Elle a obtenu son brevet élémentaire en date du 12 mars 1847.

 

2 avril 1848 (L'Industriel de la Champagne)

Suite à la révolution de février 1848, un arbre de la Liberté est planté au Craon de Ludes sous les applaudissements et les cris d'enthousiasme de la population.

 

28 juillet 1848

         Une borne fontaine sera établie dans les environs du clos du presbytère, une autre en face de la porte de la ferme de Mme LEROY-MYON au coin de la rue qui conduit à Mailly, une troisième dans le coin du mur du citoyen COLLIN-BEUZART, en face de la maison du sieur MICHELET-HIMAFET.

 

13 janvier 1849

         Après la démission du maire Jean BEAULIEU, le citoyen Jean Pierre HURE est nommé maire par arrêté du préfet.

 

5 mai 1849

         150 élèves dont 13 enfants indigents admis gratuitement à l'école : Ismaël DUCHATEL, Appolinaire TOUSSAINT, Léon HURE, Alfred HUBERT, Elie SAGUET, Ulysse TERROIGNE, Jean COLLIGNON, Adeline TOUSSAINT, Adélaïde COUTURE, Victorine COUTURE, Stéphanie DEROZIER, Alphonsine HUBERT, Louise COLLIGNON.

 

10 mai 1849

         Acquisition d'un terrain de 4a26ca à côté de la maison commune, pour construire une école de filles.

 

5 avril 1850 – Journal « Le Constitutionnel »

 

Le nommé Champion, secrétaire de l’association des travailleurs, à Ludes, un des meneurs du parti socialiste de ce canton, a pris la fuite en emportant la caisse de l’association. Plainte pour escroquerie a été portée contre lui.

 

18 avril 1850

L’Industriel Républicain

 

L’administration préfectorale vient de suspendre pour quatre mois avec privation de traitement, les instituteurs de Hautvillers, Tauxières, Serzy, Merfy, Cuchery, Mont-sur-Courville, Ludes, Passy-Grigny et Crugny pour leurs opinions républicaines.

 

10 mai 1850

         Liste des élèves admis gratuitement à l'école primaire :

         Garçons : Ismaël DUCHATEL, Jules GERMAIN, Alfred HUBERT, Léon HURE, Jean Baptiste JUPIN, Léon PETIT, Alfred PETIT, Henri PETIT, Joseph RIGOT, Constant RIGOT, Appolinaire TOUSSAINT, Jean COLLIGNON, Ulysse TERROIGNE, Adrien BOURIQUE, Alfred BOURIQUE, Elie SAGUET.

         Filles : Stéphanie DEROZIER, Eugénie DEROZIER, Louise COLLIGNON, Floride DEROZIER, Louise DEROZIER, Alphonsine DEROZIER, Adelphine VIVIEN, Stéphanie VIVIEN, Adeline JUPIN, Zénaïde COUTURE, Victorine COUTURE, Elisa PETIT, Onésime BOURIQUE, Joséphine BOURIQUE, Alphonsine ALEXANDRE.

 

1er août 1850            La dame CHEART, dont les facultés mentales étaient gravement altérées, a été trouvée morte dans le bois de Ludes, où elle s’était pendue. (Journal : L'Industriel Républicain de la Champagne du 6 août 1850)

 

10 août 1850

         Jean Nicolas CAQUEZ, aubergiste, demeure au Craon de Ludes.

 

23 août 1850

          Liste des commerçants patentés appelés à concourir à l'élection des membres du tribunal de commerce :

ALBEAUX HURÉ, 38 ans, vannier

BOURIQUE Jacques, 35 ans, maçon

BUNEAU SAINTIN, 35 ans, boulanger

BROCQ Narcisse, 41 ans, maréchal

BRACQUEMART Etienne, 58 ans, tuilier

BEUZART FOUREUR, 45 ans, tuilier

BEUZART CHAUVET, 37 ans, tuilier

BRACQUEMART VILLAIN, 30 ans, tuilier

CANARD François Nicolas, 41 ans, épicier

CHAUVET HURÉ, 55 ans épicier

CHEART Nicolas, 47 ans, tuilier

CAQUEZ Jean Nicolas, 51 ans, aubergiste

DESAUTEZ BARROIS, 41 ans, charpentier

DESAUTEZ REBOSSE, 38 ans, charpentier

ESTIEZ VATAT, 26 ans, bourrelier

GERMAIN QUENARDEL, 30 ans, boulanger

GENOT Auguste, 59 ans, tuilier

GERARD Jean Baptiste, 57 ans, tuilier

HURÉ MOLARD, 26 ans, tuilier

JARDRET Eugène, 42 ans, maçon

JUPIN CARRÉ, 40 ans, tuilier

LEVAUX CHEART, 33 ans, charron

LEGRAND HURPÉ, 38 ans, charpentier

LEFEVRE JUPIN, 52 ans, maçon

MONMARTHE Joseph, 45 ans, voiturier

MOREAUX GOUGELET, 29 ans, couvreur

NOËL Alfred, 24 ans, maréchal

NOIR Eugène, 37 ans, tuilier

NOIR Pierre Henri, 35 ans, aubergiste

PERTHOIS Nicolas, 27 ans, tuilier

PIERLOT Hyacinthe, 30 ans, charron

QUENARDEL BRACQUEMART, 34 ans, tuilier

QUENARDEL BEUZART, 39 ans, tuilier

QUENARDEL Adam, 56 ans, tuilier

QUENARDEL JUPIN, 33 ans, tuilier

ROMAGNY DERNIVILLE, 51 ans, aubergiste

SAINTIN MICHELET, 48 ans, négociant en vins

SOHET PERTHOIS, 38 ans, maréchal

SACY ALLEAUX, 35 ans, tuilier

TRUCHART BARROIS, 41 ans, tuilier

TINESSE SAUVAGE, 27 ans, cabaretier

VIRET Maurice, 42 ans, maréchal

 

 

13 octobre 1850

L’Industriel Républicain

Vente par adjudication des récoltes en seigle, méteil, orge et avoine, en la demeure du sieur Lenoir, aubergiste, aux droits des héritiers de madame veuve Maillefer-Coquebert.

6 novembre 1850

         L'instituteur ayant été suspendu pendant 36 jours par arrêté du préfet, c'est Ernest BRACQUEMART, élève de l'école supérieure de Châlons sur Marne qui l'a remplacé pour enseigner la classe de garçons.

 

15 décembre 1850       

            Narcisse Brocq, aubergiste, vend : trois chevaux et leurs harnais, huit tombereaux montés, trois paires de roues neuves non ferrées, râteliers et mangeoires.

 

1851

          Recensement de la population : 956 habitants

Sexe masculin : 476 personnes dont 20 veufs, 222 hommes mariés et 234 garçons.

 

Sexe féminin : 480 personnes dont 32 veuves, 222 femmes mariées et 226 filles. 

 

1 avril 1851

         Démission de l'institutrice Mlle Octavie COUTIER. Le conseil académique nomme le 20 avril Mlle Euphrasie FOURCHE, domiciliée à Epernay, pour la remplacer.

 

7 août 1851

         Le maire signale qu'il existe sur les usages communaux de la commune de Ludes, deux étangs qui ne tarissent jamais et qui pourraient très bien contenir du poisson. Ils pourraient être loués afin de faire rentrer de l'argent à la commune.

 

23 février 1852 ("L'Industriel de la Champagne")

Vente au tribunal civil de Reims, le 1er mars 1852, d'une maison avec jardin, d'un moulin à vent et d'une pièce de terre, sis au terroir de Ludes, sur la mise à prix de 1500 fr.

 

15 octobre 1852

         Après avoir pris connaissance de la circulaire du Préfet du 26 septembre 1852 relative au complot de Marseille, le conseil municipal vote à l'unanimité le rétablissement de l'Empire héréditaire dans la famille du Prince Louis NAPOLEON.

 

10 février 1853

         Le conseil engage M. GUILLAUME, géomètre à Sillery, pour lever les plans des rues de la commune, du Craon de Ludes et de tous les chemins et sentiers de la commune pour une somme de 550F.

 

6 avril 1853

         Le conseil délibère sur l'achat de la maison du sieur Narcisse BROCQ se trouvant sur la place du village pour y installer l'école des garçons, le logement de l'instituteur, la salle de conseil et les archives. La maison et le terrain sont estimés à 11366F.

         La classe des filles utilisera l'ancienne classe des garçons et l'institutrice habitera dans l'ancien logement de l'instituteur.

 

7 mai 1853

         Un commissaire de police cantonal a été nommé par le préfet et est à la charge des communes. Pour Ludes, une somme de 27F par an est à acquitter au budget 1854.

 

         Jusqu'ici, l'instituteur et l'institutrice étaient rémunérés par un fixe versé par la commune et par une somme versée par les parents pour chaque enfant suivant un niveau d'étude. Le conseil décide que le salaire des instituteurs sera entièrement versé par la commune. Les sommes dues par les parents seront collectées par le receveur municipal.

 

17 juillet 1853

         La classe des filles étant réputée insalubre par le conseil académique de la Marne, le conseil décide de construire une classe neuve pour les filles sur le terrain acquis près de la maison commune. Les frais engagés étant important, la construction d'une nouvelle mairie sur la place est ajournée.

 

10 novembre 1853

         Chauffage des classes pour l'hiver 1853-54.

         Le chauffage des classes était assuré par les instituteurs et à leurs frais. Après réclamation de ceux-ci, la commune vote un budget de 20F par classe pour le chauffage.

 

17 novembre 1853

         Le conseil vote la largeur et l'alignement des rues.

                   - Rue du Marc                 8m

                   - Rue de la plaine             7m25

                   - Rue des Prérats             4m50

                   - Rue du Pot d'Etain                   3m

                   - Rue de l'Eglise               3m50

                   - Rue du Chevru              7m

                   - Rue Haute de Chigny     4m50

                   - Rue de Montbré             4m80

                   - Rue des Flammées                  3m70

                   - Ruelle de l'Equerre                  3m50

                   - Ruelle des Brugnottes    4m50

                   - Rue neuve                     6m

                   - Impasse des clos           2m80

                   - Impasse d'Ah! Ah!          3m

                   - Ancienne route du Craon    14m       

(rue du chevru = rue Carnot ; Impasse d'Ah! Ah! = rue du Préau ; Place du Marc = place de la Mairie ; Rue du Marc = Rue Nationale et rue Victor Hugo ;  Rue Haute de Chigny = Rue St Vincent ; Rue de la Plaine = Rue de Ville en Selve ; Chemin d'intérêt collectif = rue neuve = rue de Chigny)

 

         L'impasse des clos doit être ouverte et prendra le nom de ruelle des clos.

 

Entre 1853 et 1854, une épidémie de choléra a fait en France 145000 victimes.

 

Choléra asiatique de 1854 : en moyenne, à Ludes, il y avait 16 décès par an. En 1854, il y eu 66 décès dont 30 dans le mois de septembre.

 

17 septembre 1854

                   Le conseil autorise le maire à acquérir un terrain d'une surface de 18a38ca pour transférer le cimetière. Ce terrain se compose de parcelles appartenant à Gérard FOUREUR, Eugène JARDRET, QUENARDEL-JUPIN, Jean Baptiste BARBE, LEGRAND-HEURPE, la veuve JUPIN, SOHET-PERTHOIS. (partie haute du cimetière)

 

6 novembre 1854

                   Épidémie de choléra. Les frais engagés pour lutter contre la maladie sont supportés par la commune pour une somme de 898 F., comprenant les médicaments, un élève en médecine pendant 35 jours, l'aide de deux religieuses pendant 62 jours.

 

25 janvier 1855

         Création d'une société de secours mutuels dans la commune.

 

10 février 1855   

         Création d'un poste de cantonnier à 40F par mois durant les mois de février, mars, septembre et novembre.

 

En 1855, Florémont JOREZ reconstruit l'école des filles.

 

6 mars 1855

Le Courrier de la Champagne

On nous écrit de Ludes, à la date du 4 mars 1855 :

 

« On célébrai dimanche dernier, à Ludes, la fête de l’Immaculée Conception. Déjà, depuis plusieurs jours, la piété des fidèles s'exerçait à rendre cette fête aussi solennelle que possible. Tout était préparé pour une procession solennelle dans le village ; le temps n'a pas permis de sortir de l'église, et, cependant, dans les endroits où la procession devait passer, on avait tendu le long des rues des draperies parsemées d'étoiles et sur lesquelles étaient tracées des invocations tirées des litanies de la sainte Vierge. Nous avons remarqué, surtout aux environs de l'église, une dizaine de jolis petits reposoirs entourés de verdure, qu'on a illuminés le soir, et dans lesquels on avait placé des statues de Marie.

 

Au salut, plus de cinq cents lumières brillaient dans l'église, au milieu d'une foule de guirlandes de verdure. Une multitude de roses artificielles confectionnées par de jeunes personnes et disposées avec art, donnaient à croire qu'on était alors dans la saison des fleurs. On a écouté la proclamation du dogme nouveau avec une piété exemplaire.

 

13 mars 1855

         Liste des contribuables les plus imposés au rôle des contributions directes de Ludes pendant l’année 1855. Cette liste était affichée.

Alexis de PAUL à Reims, QUENARDEL-BEUZART au Craon de Ludes, Prospert GADIOT à Reims, François ABELÉ de MULLER, HURÉ MOLLARD, LEGRAND propriétaire à Montfournois, Jean Nicolas BEUZART, BRACQUEMART VILLAIN, Joseph MONTMARTHE, LANNES de MONTEBELLO à Paris, Laurent Louis MALOT à Hautvillers, SAINTIN MICHELET, Emmanuel JACQUEMINET à Ville en Selve, Jean Nicolas CAQUEZ, Auguste BARACHIN à Reims, COMPIN PERTHOIS, Jean Baptiste ROMAGNY, TRUCHARD BARROIS, Sébastien NOIR QUENARDEL.

 

30 juin 1855

         Maire : Jean Baptiste Elie BEAU

         Adjoint : Jean Louis QUENARDEL

 

3 août 1855

Le courrier de la Champagne

A céder de suite, un fonds d’épicerie, mercerie, rouennerie, etc, situé à Ludes. Pour traiter, s'adresser sur les lieux au sieur Chauvet-Huré, qui l'exploite depuis 20 ans.

 

10 août 1855

         Loi du 2 mai 1855 instituant une taxe municipale sur les chiens. Le conseil décide :

         - 1ère classe : chien d'agrément ou servant à la chasse : 6F

         - 2ème classe : chien de garde : 2F

 

17 août 1855 (Journal "Courrier de la Champagne")

Mardi dernier, 14 août 1855, M. l'inspecteur de l'académie, M. l'inspecteur des écoles primaires, et plusieurs délégués cantonaux, se sont réunis dans la grande salle de l'hôtel de ville de Reims, pour procéder à une distribution de récompenses honorifiques, accordées aux instituteurs et aux institutrices de l'arrondissement.

Institutrice : médaille de bronze - Mlle FOUCHÉ Louise-Euphrasie, institutrice communale à Ludes -"Il n'y a pas dans l'arrondissement d'école mieux tenue ; il n'y en a pas surtout où les jeunes filles reçoivent des soins plus profitables. Ecole dirigée depuis longtemps avec zèle, capacité, dévouement et succès toujours croissants".

 

3 novembre 1855

Courrier de la Champagne

Police correctionnelle de Reims. Audience du vendredi 26 octobre 1855.

Duchatel Ismaïl, à Ludes, mendicité, vol, escroquerie, maison de correction jusqu'à 18 ans.

 

 

18 novembre 1855

Courrier de la Champagne

Adjudication de Travaux. Le maire de la commune de Ludes, donne avis au public que le dimanche 9 décembre 1855, à une heure précise de l'après-midi, dans une des salles de la mairie de Ludes, il sera procédé à l'adjudication publique au rabais, par voie de soumissions cachetées, des travaux à exécuter à Ludes, pour la construction de murs d'enceinte du nouveau cimetière. Ces travaux ont été estimés, suivant le devis dressé par M. Tortrat fils, architecte à Reims, à la somme de 2,882 fr.76 c.

 

4 février 1856

         Procès-verbal d'acquisition de six parcelles de terrain pour le nouveau cimetière de Ludes (partie du haut) en remplacement de l'ancien cimetière autour de l'Eglise qui est supprimé depuis 18 mois.

         Gérard FOUREUR    8a65           300 f.

         SOHET-PERTHOIS    6a45           160 f.

         LEGRAND-HEURPÉ  1a26           31,50 f.

         Eugénie JARDRET    1a74           43,54 f.

         QUENARDEL-JUPIN  20ca            5 f.

         Vve JUPIN-PERTHOIS         17ca            3 f.

         Le mur du cimetière a été construit la même année. Les piliers de la porte sont en pierre blanche d'Hermonville. Les 2 chapiteaux sont en pierre de St Dizier. La pierre de seuil est en roche grise d'Hermonville. La grille en fer pèse 486 kg.

 

7 février 1856

         Acquisition de 2 fourneaux pour chauffer les classes.

 

21 juillet 1856

Courrier de la Champagne

Police correctionnelle de Reims – Audience du 9 juillet 1856

MARCHAND, médecin à Ludes, défaut de déclaration de naissance, 16 Frs d’amende.

 

28 octobre 1856

Courrier de la Champagne

Vente par adjudication le jeudi 20 novembre 1856 d’un moulin à vent à 2 tournures sis au Craon de Ludes ainsi qu’une maison sise près du moulin et occupés par M et Mme CULDEAU. Les propriétaires, M Etienne CHARDONNET et Mme Olympe BRESSE, son épouse, demeurant à Taissy.

 

8 février 1857

         Le chemin entre Ludes et Ville en Selve, qui n'était qu'un sentier, est reconnu comme chemin vicinal et devra être empierré et aménagé.

 

6 mai 1857

         M. ADNET, instituteur à Ludes depuis 26 ans 6 mois, demande à être dispensé du chant à l'Église à cause de sa santé, et souhaite être remplacé comme clerc paroissial. Une somme de 50F pour 1857 et 50F pour 1858 est votée pour le traitement d'un clerc paroissial pour ces deux années. M. le curé se chargera du choix de la personne.

 

Budget 1858       

Recettes

                            - Taxe sur les chiens                      150F

                            - Amendes de simple police              30F

                            - Taxe sur les permis de chasse                  10F

                            - Produit de la pêche                        20F

                            - Produit de la chasse                     425F82

                            - Produit des boues                                   97F

                            - Produit des coupes de bois         1000F

                            - Concessions cimetière                  100F

                            - Rétribution scolaire des garçons     350F

                            - Rétribution scolaire des filles        370F

                   Total général des recettes :                   12049F43

 

                   Dépenses

                            - Secrétaire de mairie                     120F

                            - Commissaire de Police                 100F

                            - Traitement du tambour                 30F

                            - Traitement du garde champêtre             500F

                            - Traitement du garde forestier        60F

                            - Conduite de l'horloge                    44F

                            - Médicaments pour les indigents      75F

                            - Enfants trouvés                            40F16

                            - Traitement de l'instituteur         1000F

                            - Traitement de l'institutrice           720F

                            - Traitement du curé                     300F

                   Total général des dépenses :                11447F43

 

         Le conseil décide de l'ouverture de la rue qui conduit au nouveau cimetière. (Rue de l'Égalité).

 

21 janvier 1858

         Le conseil municipal adresse une lettre de félicitations à l'Empereur et à l'Impératrice pour avoir échappés à l'attentat du 14 janvier 1858.

 

6 février 1858

         Le conseil municipal ayant constaté que les murs du nouveau cimetière ont été faits avec des matériaux en carreaux de terre non secs et de mauvaise qualité, demande à l'entrepreneur le sieur BRUNETEAUX, de refaire les parties de murs fondus en blocailles tirées de la montagne de Ludes avec mortier de sable et de chaux.

 

6 mai 1859

         Le conseil décide la " location des crottes et poussières " dans les rues et chemins de la commune. C'est le droit de balayer les rues et de ramasser les crottes pour servir d'engrais. La location sera pour un an, le conseil ne pouvant apprécier ce que produira cette location.

 

         Autorisation de la construction d'un pont par M. ABELE pour joindre son jardin à son autre propriété. Élargissement du sentier de 1m à 2m depuis le pont jusqu'au chemin des clos. Fourniture de 1000F par M. ABELE pour la réfection de la fontaine communale dite " Génie ".

 

1 septembre 1859

         Vote d'un impôt extraordinaire pour payer les terrains pris pour le redressement du chemin d'intérêt collectif N°24 (Ludes à Mailly), pour l'établissement du chemin vicinal entre Ludes et Ville en Selve, pour l'ouverture du chemin d'intérêt collectif entre Ludes et St Masmes passant par Puisieulx, Sillery, Beine et Epoye.

 

12 août 1860

         Prestation de serment du nouveau maire, Jean Baptiste Elie BEAU, ainsi que de Jean Louis QUENARDEL-BEUZART, adjoint.

 

7 octobre 1860

         Installation et prestation de serment des membres du conseil : Jean Baptiste FORGET, Jean Baptiste TRUCHART, Etienne Louis PERTHOIS-COMPIN, Alexandre Sylas CAQUEZ, Jean Baptiste Elie BEAU, Jean Louis QUENARDEL-BEUZART, Jean Baptiste QUENARDEL-COQUOT, Jacques Remi HURE-MOLARD, Jean Nicolas Victor DEROZIER-GUIDOT, Jean BEAULIEU, Adam JUPIN-GOUGELET, François Charles Joseph Kilian ABELE de MULLER.

 

14 avril 1861

         Nomination de jean Marie BARROIS en qualité de pâtre.

Marquage des bestiaux au moyen d’un fer brûlant portant la lettre L, bestiaux appartenant aux habitants de Ludes.

M. J.M. BARROIS conduira les bestiaux en pâturage dans la forêt de Ludes : 39 bêtes à cornes recensées.

(1831 : 48 ; 1844 : 30 ; 1847 : 33 ; 1848 : 32 ; 1850 : 28 ; 1852 : 23 ; 1853 : 23 ; 1855 : 61 ; 1856 : 53 ; 1858 : 49 ; 1859 : 42)

 

25 juillet 1861

         Usages communaux :

         Le conseil délibère à l'unanimité que les 83ha 39ares de terrains incultes appartenant à la commune de Ludes, seront divisés de la manière suivante afin d'en retirer le plus grand produit possible :

         1° que 40ha seront laissés pour le moment à la jouissance commune, sur lesquels il pourra être retiré un certain revenu établi sur les extractions et enlèvement des sables, pierres à bâtir et autres, terres propres à la fabrication des tuiles, pavés, briques, etc...

         2° que 22ha seront livrés immédiatement à la culture, soit au moyen d'adjudication, soit au moyen de traites amiables, le tout suivant ce qu'en décidera l'autorité compétente.

         3° que 10ha pris dans la partie appelée " l'envie ", où sont situées les sources alimentaires des fontaines communales, seront laissés en prairie naturelle et loués pour un temps plus ou moins long.

         4° que 1ha sur lequel il existe deux étangs ou marais sera également loué pour les herbes et pour les deux étangs être empoissonnés aux frais de l'adjudicataire.

         5° que sur 39 ares environ, il sera planté des oseraies.

         6° que 10ha seront plantés en bois dans un temps le plus court possible par les soins de l'administration communale et aux frais de la commune.

 

20 octobre 1861

         Production de Ludes :

         - 23 tuileries fabriquent tuiles, pavés, briques, faîtières, chaux, représentant un poids annuel de marchandises de 5350 tonnes.

         - Vins rouges et vins de Champagne.

         - Pierres propres à la bâtisse et celles propres à l'entretien des routes et chemins.

         - Terres propres à la poterie.

         - Bois des grandes forêts qui environnent la commune.

         - Sable blanc, sable jaune et terre de bruyère.

 

1863 - Chants populaire – Editions de 1863 - Romancero de Champagne, tome 2

 



9 août 1863         Craon de Ludes

         Le conseil, considérant que 30 enfants des deux sexes sont en âge de fréquenter les classes et que pendant les mois d'hiver ils ne le peuvent que peu ou point du tout, que les habitants du Craon de Ludes s'offrent de fournir et chauffer à leurs frais un local convenable pour la tenue de cette école, demande au préfet d'ouvrir un crédit supplémentaire de 250F au budget de 1863 pour le paiement du maître adjoint pendant 5 mois (novembre à mars).

 

21 mars 1864

M. Louis-Emile Dérodé, avocat, ancien représentant du département de la Marne à l’assemblée nationale de 1848, ancien président du comice agricole de l’arrondissement de Reims, est décédé à Ludes, dans sa 52° année.

 

24 juillet 1865

         Le conseil décide l'ouverture du chemin des Jonvelles pour l'accès des particuliers et des usages communaux mis en culture.

 

24 août 1865

         Installation du nouveau conseil municipal :

         Maire : Jean Baptiste Elie BEAU

         Adjoint : Jacques Remi HURE

         Conseillers : JUPIN-GOUGELET, TRUCHART-BARROIS, PERTHOIS-COMPIN, Sylas CAQUEZ, Philippe NOIR, QUENARDEL-BEUZART, DEROZIER-GUIDOT, QUENARDEL-BRACQUEMART, CANARD-DUCHENE, Alexandre PETIT.

 

10 novembre 1865

         Après la demande d'une grande partie des habitants, le conseil décide de faire des fouilles et ouvrir un chemin pour l'exploitation de cendre sulfureuse.

 

4 novembre 1866

         L'instituteur donne des cours gratuits aux adultes. La commune prend en charge les frais de chauffage et d'éclairage.

         Nomination de Mlle BONTEMPS de Châlons sur Vesle comme institutrice provisoire pour la classe du Craon de Ludes. Le conseil municipal regrette que ce soit une institutrice qui ait été nommée, car il avait été convenu que ce serait un instituteur. Le conseil demande à M. le préfet de bien vouloir, pour l'an prochain, nommer un instituteur adjoint.

 

10 février 1869            

         Instituteur : 53 élèves payants, 17 élèves gratuits

         Institutrice : 60 élèves payantes, 14 élèves gratuites.

         Adjoint du Craon : 18 élèves payants.

         Total : 162 élèves.

 

15 avril 1869      

         2 foires à Ludes :

         - le premier lundi après le 24 juin,

         - le 2ème lundi après le 29 septembre.

 

27 février 1870

         154 élèves

 

19 juin 1870

         Le conseil décide que l'herbe des bois de la commune sera abandonnée gratuitement aux habitants qui la demanderont.

 

14 août 1870

         Installation du conseil municipal :

         ALEXANDRE-PETIT, CANARD-DUCHENE, HURE-MOLARD, BEAU-CHAUVET, CAQUEZ Sylas, QUENARDEL-BRACQUEMART, LABEY-CHAUVET, DEROZIER-GUIDOT, JUPIN-GOUGELET, DERVIN-CREQUY, PERTHOIS-CARRE, BEUZART-FOUREUR.

Courant août, le maire, BEAU, procède à l'installation des membres du conseil et leur fait connaître ensuite qu'ils doivent prêter serment dont la formule est :

"Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'Empereur ".

 

21 novembre 1870

         Le Conseil municipal et les plus hauts imposés ont pris la délibération suivante : " considérant qu'il est absolument impossible aux contribuables de la communes de Ludes de subvenir en ce moment aux contributions imposées par l'administration prussienne, considérant en outre, qu'il faut de toute nécessité se pourvoir des sommes réclamées et se mettre en mesure de les verser quand elles seront exigées de manière à éviter à la population de plus grands malheurs, pour ces motifs, délibérons, à l'unanimité, qu'il sera satisfait à toutes les exigences prussiennes, en argent surtout, au moyen de l'emprunt, lequel sera remboursé par l'impôt extraordinaire lorsque les circonstances le permettront, c'est à dire aussitôt que l'envahissement aura cessé.

 

21 novembre 1870

         Le conseil décide de procurer du travail aux ouvriers nécessiteux de Ludes pendant la saison d'hiver, en faisant déblayer les terres impropres de la cendrière de Ludes, et faire extraire les pierres des terrains communaux.

         Pierre à bâtir          2F50 le mètre cube

         Pierre blocaille        2F00 le mètre cube

Le paiement se fera moitié en espèces, moitié en farine au prix des cours.

 

GUERRE 1870-1871

         Lors de l'année terrible, le conseil municipal de Ludes se composait

de : Messieurs Labey-Chauvet, maire, Canard-Duchêne, adjoint, Beau-Chauvet, Duchâtel-Ribaille, Caquez Marandon, Dervin-Créquy, Petit-Alexandre, Huré-Molard, Beuzart-Foureur, Perthois-Carré, Dérozier-Guidot, et Quenardel-Braquemart.

 

         Le lundi 9 janvier 1871, à 3 heures du matin, le 55° ballon poste “Le Duquesne” part de la gare d'Orléans à Paris, assiégé par les Prussiens. Ce ballon, après avoir parcouru 170 km, atterri à Ludes à 15 h. aux environs de la ferme St Jean. Les sacs de dépêches furent cachés dans des paniers de champagne que l'on chargea dans des charrettes qui partirent pour Reims. Le receveur des postes effectua un tri des dépêches qui furent transmises sur Lille. Ce ballon avait été muni d'hélices pour essayer de le diriger. L'aéronaute était Charles Richard, les passagers Aymand, Chemin et Lallemagne.

         Le maire d'alors, Mr Constant Labey fût un jour emmené comme otage par les Prussiens, à pied et en sabots, pour traverser les bois de la Neuville, en crainte des francs-tireurs.

         Quant aux troupes d'occupation, elles arrivèrent au pays le dimanche 14 mai 1871 et y restèrent en cantonnement.

         Ces troupes étaient surtout composées de bavarois et de Wurtembourgeois. Les 23 et 24 septembre 1872, des manoeuvres allemandes eurent lieu sur notre terroir, les habitants furent alors invités à conserver le plus grand calme et la plus grande patience durant ces opérations militaires.

         Les impôts, les dépenses de séjour, d'entretien, de nourriture des troupes ennemies, tant en argent, réquisitions, denrées, fourrages, bestiaux, marchandises, charrois et divers s'élevèrent à la somme de 52.628f65 pour la commune.

 

26 février 1871

         Les finances de la commune sont complètement épuisées par les réquisitions de l'armée prussienne. Le conseil décide d'opérer une coupe de bois qui sera vendue 3432F45.

 

5 avril 1871

         Estimation des réquisitions opérées par l'armée prussienne et des pertes occasionnées par l'envahissement fixées à 43000 F, qui seront couvert par un emprunt. A cette fin une commission est nommée.

         Membres : BEAU, Maire, HURE, adjoint, les trois maréchaux, les deux bouchers, JACQUEMIN, bourrelier, NOIR-ANCHER, cultivateur, JUPIN-CURIOT, cultivateur, ROMAGNY-BARROIS, cultivateur, PERTHOIS-CARRE, cultivateur, LECUYER-PERTHOIS, cultivateur, ALEXANDRE-BARANGER, ancien boucher.

 

16 mai 1871

         Après les élections du 30 avril, installation du conseil municipal. JUPIN-GOUGELET remplacé par DUCHATEL-RIBAILLE.

         Maire : LABEY-CHAUVET

         Adjoint : CANARD-DUCHENE

 

         Les premières commissions communales sont créées :

         - bâtiments communaux,

         - comptabilité - vérification,

         - ponts et chaussées, garde champêtre,

         - propriétés communales, plaines et fontaines.

 

25 mai 1871

         Estimation des réquisitions opérées par les troupes de passage et autres charges s'élèvent à 43000F. Le conseil décide d'emprunter pour rembourser cette dette.

 

25 juin 1871

         Le conseil décide de réduire le traitement de Monsieur le curé de 200F pour le motif que Monsieur le curé a excité le mécontentement des habitants en présentant à la signature des enfants une adresse au Saint Père, sans consulter la municipalité et les parents. (Nous n'avons pas retrouvé ce courrier.)

 

1871-1872

         Taxe assise sur les billards publics et privés : 6 francs

Les habitants de Ludes taxés :

         Edmond BAZILLE, négociant, 1 billard

         Philippe NOIR, aubergiste, 3 billards

         Emile VIRET, aubergiste, 1 billard

         ROMAGNY-MONMARTHE, aubergiste, 1 billard

         ABELÉ DE MULLER, négociant, 1 billard

         DARSONVAL GRANDREMY, cafetier, 1 billard

         Jules César CHAMPION, négociant, 1 billard

         BAUDET LEROY, propriétaire, 1 billard

         PINVIN LAUNOIS, aubergiste, 2 billards

 

7 octobre 1871 – J. Officiel

Sur le compte rendu au Président de la République, par le ministre de l’intérieur, des actes de dévouement qui lui ont été signalés pendant le mois de juin 1870, et aux termes d’un rapport approuvé par lui, le 16 août 1871, des médailles d’honneur ont été décernées aux personnes ci-après nommées :

Marne

M.A. 2) classe – Jardret-Malinet, sapeur-pompiers à Ludes ; 1828-1870 : 42 ans de services utiles et dévoués.

 


28 janvier 1872

         Le Maire, considérant que l'instituteur, en remplissant les fonctions de Clerc Paroissial, est contraint de s'absenter trop souvent de sa classe, qu'il serait urgent, vu le nombre des offices religieux pendant la semaine, de le dispenser de remplir les susdites fonctions, et que pour les intérêts de ce fonctionnaire ne soient pas lésés, Monsieur le Maire propose d'augmenter le traitement fixe de l'instituteur afin de compenser la perte du casuel et du traitement de clerc-chantre.

         Le Conseil décide :

- qu'à l'avenir, l'instituteur ne quittera plus sa classe pour aller remplir les fonctions de clerc-chantre,

- d'augmenter son traitement fixe au chiffre de 1400F.

 

18 février 1872

         Le conseil demande au Préfet l'autorisation d'enlever les monuments funèbres existant dans l'ancien cimetière afin de transformer celui-ci en place communale gazonnée.

         Le Conseil fait obligation aux personnes extrayant des pierres sur les terrains communaux longeant la route de Ville-en-Selve qui est en construction, de vendre ces pierres à la commune et non à des particuliers.

 

8 mai 1872

         Suite à la délibération du Conseil de Fabrique acceptant un don de 3000F de Monsieur Abelé de Muller pour la construction d'une sacristie sur une partie de l'ancien cimetière, le Conseil décide d'attribuer 300F à l'entreprise qui fera les travaux pour la démolition de l'ancienne sacristie, les matériaux de construction récupérés devant servir à la nouvelle sacristie. (pas d'indication où se trouvait l'ancienne sacristie).

 

16 mai 1872

         M. ASTOIN, ex-propriétaire et négociant de Ludes, actuellement domicilié à New-York, États Unis, fait un don de 500F pour être distribué à titre de secours aux indigents de la commune.

         En remerciement, le conseil décide d'envoyer une lettre à M. ASTOIN et que la translation gratuite des cendres de M. ASTOIN fils, inhumé dans l'ancien cimetière, aura lieu avec pompes dans un terrain du nouveau cimetière, concédé gratuitement et à perpétuité.

 

Ci-dessous le monument dédié à la famille ASTOIN.

Le texte gravé sur la colonne est :

A la mémoire de Monsieur Charles Félix ASTOIN, bienfaiteur des pauvres de Ludes, décédé à New-York en 1885. La commune de Ludes reconnaissante.

Ici repose Charles Alphonse ASTOIN, son fils décédé à Ludes le 16 septembre 1839, à l’âge de 3 ans.

 

 

 

 

16 mai 1872

         Le Conseil délibère sur le prix des locations des terres de la montagne. - Les tuiliers qui tireront de la terre, 0.25 F le m3 ou sur abonnement annuel pour la somme de 25 F par moule.

- Les tuiliers qui tireront des sables, 0.25 F le m3 ou sur abonnement annuel, 6.25 F par moule.

- Les terres grasses ou glaises, 0.25 F le m3.

- Les pierres à chaux ou meulières, 0.25 F le m3.

- Les sablières de la Gueule du Craon, Grand Marais, La Cendrière, Chêne du Mont, seront louées. Les habitants ne paieront pas un prix supérieur à 0.25 du m3 pour le sable ordinaire et 1 F pour le sable de choix, rouge ou blanc.

 

Dénombrement de la population de 1872. Le secrétaire de mairie a fait seul les démarches au domicile de chaque habitant.

 

18 juillet 1872

         Le conseil décide de construire une salle de classe pour les garçons au fond de la cour de la maison commune pour une somme de 8000 F.

         Le Maire fait connaître qu'une somme de 2010 F a été allouée à la commune pour être répartie entre les habitants de Ludes qui ont été requis de loger l'ennemi lors de son cantonnement dans la commune.

 

1 mars 1873

         Les puits creusés pour extraire la terre glaise afin d'alimenter les tuileries, avaient une ouverture de plus ou moins 1 mètre. La profondeur des puits étaient établis entre 13 et 16 mètres. Les galeries horizontales pouvaient avoir de 12 à 15 mètres de longueur avec un diamètre d'environ 3 mètres suivant l'épaisseur de la couche d'argile.

         La couche de glaise propre à la fabrication des tuiles est de quatre sortes ou natures, appelées ainsi dans la localité :

         1° Chair d'âne : épaisseur de 0,30m à 0,50m

         2° Brune : 0,20m à 0,25 m

         3° Loussiaux : 0,15m à 0,25m

         4° Terre forte ou terre de pipe : 0,60m à 0,85m

D'autres puits avaient des terrains différents.

         1° Calcaire : 3m33

         2° Saine décombre : 1m

         3° Cendrasse : 0,50m

         4° Glaise sablonneuse ou fions : 5m17

 

6 avril 1873

         Décision de raser la mairie qui menace ruine pour en construire une nouvelle avec le logement de l'instituteur, ainsi qu'une salle de classe dans le fond de la cour, et aussi de rehausser l'école des filles d'un étage.

 

11 janvier 1874

         Achat d'une pierre à eau pour le hameau du Craon de Ludes pour une somme de 335 F.

         La pompe à incendie de la commune est vétuste, un des deux pistons est usé. La commune n'ayant pas les moyens d'en acheter une autre (à cause des dettes qu'elle a du fait de l'invasion étrangère), elle demande au préfet une forte indemnité sur les fonds de la caisse centrale des incendiés.

 

9 août 1874

         Suite à la demande adressée à Monsieur le Préfet par Monsieur GARITAN, à l'effet d'obtenir une bourse pour son fils Charles Octave Eugène admis à entrer à l'école normale primaire de Châlons et laquelle doit être revêtue de l'avis du Conseil Municipal, celui-ci vote son accord à l'unanimité.

 

8 décembre 1874

         Nouveau conseil (pas de Maire, Mr. PETIT en fait fonction)

PETIT-ALEXANDRE ; HURE-MOLARD - PERTHOIS Eugène ; DUCHATEL Henri ; CAQUEZ Syllas ; LABEY-CHAUVET ; DEROZIER-GUIDOT ; VIRET Emile ; CANARD-DUCHENE ; ADNET-HURE ; QUENARDEL-BRACQUEMART ; ABELE de MULLER

 

14 février 1875

       La commune lance une souscription auprès de ces habitants pour l'achat d'une nouvelle pompe à incendie. Cette souscription volontaire a rapporté 688,80F.           

  

6 mai 1875

         Dans l'impossibilité ou se trouve un seul garde champêtre de parcourir entièrement tout le territoire, le Conseil  sollicite de Monsieur le Préfet la nomination au titre de garde champêtre suppléant du sieur Jean Marie BARROIS déjà exerçant les fonctions de cantonnier communal.

 

24 mai 1875

         Visite de l'archevêque de Reims à l'occasion de la confirmation.

Le Conseil décide d'élever, au frais de la commune, un arc de triomphe qu'on placera au commencement de la Grande Rue du village vers le nord.

 

14 novembre 1875                

         Le Conseil demande au Préfet de convoquer les électeurs de Ludes afin d'élire 4 membres du Conseil en remplacement de ceux qui n'ont pas accepté le mandat qui leur a été dévolu, soit : Mrs HURE et DEROZIER qui ont donné leur démission écrite et Mrs CANARD et QUENARDEL qui n'ont répondu à aucune des convocations qui, depuis qu'ils ont été élus, leur ont été faites régulièrement.

 

9 avril 1876

         Le Conseil fixe les dépenses et ressources se rattachant aux cours d'adultes de l'hiver 75-76. Un seul cours pour les garçons qui a été fréquenté par 28 élèves, qui a commencé le 15 novembre 1875 pendant 10 heures par semaine et a duré 3 mois. Instituteur : Félix LEMOUSSU.

 

6 août 1876

         La commission départementale accorde à la Fabrique de Ludes une subvention de 100 F sur le fonds commun des amendes de police correctionnelle pour être employée à l'achat d'une portion du mobilier de la sacristie.

 

8 octobre 1876

         Installation des nouveaux élus : BAUDET-LEROY ; Félix JUPIN ; QUENARDEL-BOURGUIGNON ; Léon MONMARTHE

         Election du Maire : PETIT-ALEXANDRE au 2e tour.

         Adjoint : LABEY-CHAUVET au 3e tour.

 

26 mars 1877

         Agrandissement du cimetière (doublement de la surface vers le nord).

 

1877

       Canton de Verzy, certificat d'études primaires.

Sont reçus pour Ludes :

Jean baptiste DERVIN, Léon QUENARDEL, Julie QUENARDEL, Noélie PETIT.

 

4 juin 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims du 4 juin 1877)

       M. de Barthélémy, conseiller général et président de la délégation scolaire du canton de Verzy, accompagné des membres de la délégation, dont fait partie M. le maire de Ludes et plusieurs membres du conseil municipal et de M. le curé, a donné à Melle Fourché, institutrice à Ludes depuis vingt-six ans, la médaille qui lui a été décernée par le Conseil Général de la Marne.

 

26 juin et 1er juillet 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims du 9 juillet 1877)

      Un concours de tir à eu lieu dans la commune sous la direction de M. E. Chandelot de Mailly, membre correspondant de la Société de Tir des communes de France.

Résultats :

1er prix : Edouard Abelé de Muller, agriculteur

2e : M. Lemoussu, instituteur

3e : M. Frédéric Beuzart, propriétaire

4e : Henri Abelé de Muller, officier d'artillerie de réserve

5e : M. Louis Foureur, vigneron

6e : M. Duchâtel-Ribaille, propriétaire

7e : M. Ribaille-Huré, propriétaire

8e : M. Léon Monmarthe, propriétaire

 

21 juillet 1877 (Police correctionnelle de Reims - Journal "Echo")

       Marie Marguerite PETIT, femme ADAM, manouvrière, demeurant à Ludes, et Jean Joseph DUCHESNE, vigneron demeurant à Chigny, reconnus coupables d'avoir à différentes reprises à Ludes, commis le délit d'outrage public à la pudeur, s'entendent condamner : la femme Adam à trois mois de prison, et Duchesne à 24 heures de la même peine.

 

23 juillet 1877

       Un habitant de Ludes a écrit au "Progrès de la Marne" pour indiqué que le nommé Pichot, facteur rural du bureau de Rilly-la-Montagne, faisant sa tournée, a trouvé, en sortant de Chigny, un portefeuille contenant 600 fr. en billets de banque, pour 5 à 6.000 fr. valeurs diverses et plusieurs autres papiers. Il s'est empressé de rechercher le propriétaire de ce portefeuille et de le lui rendre.

 

6 août 1877

       Par arrêté de M. le Préfet, Philogène Ernest SAINTIN est admis à suivre les cours de l'école normale primaire de Châlons à partir de la rentrée 1877.

 

23 septembre 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims)    

        La société de gymnastique l'Ancienne, de Reims, est venue donner une séance à Ludes. La Fanfare du village, conjointement avec la société de gymnastique en formation, est allée recevoir la société à l'entrée du pays. Après quelques compliments chaleureux de part et d'autre, les sociétés se sont rendues chez M. Abelé, qui leur a généreusement offert le vin d'honneur. On s'est rendu ensuite| à l'endroit où étaient disposés les appareils. Les vaillants gymnastes ont fait défiler sous nos yeux charmés, pendant deux heures, tout leurs prodiges d'adresse et de force. Leur bannière, chargée de médailles et d'une couronne noblement conquise, nous était, du reste, un sûr garant de leur beau travail. Les applaudissements bien mérités de la nombreuse foule qui les admirait, ne leur ont pas fait défaut. Le soir, chez M. Abelé, un banquet réunissait l'Ancienne et la nouvelle société.Plusieurs toasts ont été portés, arrosés par le Champagne que M. Abelé sait si bien fabriquer et si gracieusement offrir. En quelques mots bien sentis, M. Abelé a remercié l'Ancienne de sa visite au pays et du concours qu'elle prête aux nouveaux gymnastes. Le chef de l'Ancienne, prenant ensuite la parole, a remercié les jeunes gens de leur bienveillant accueil, et a fait brièvement comprendre aux nouveaux adeptes que la gymnastique, seule, pouvait faire d'un homme débile et sans énergie, un homme fort et vigoureux. Le fondateur, à qui la nouvelle société doit son organisation, a remercié M. Abelé et l'Ancienne qui ont, par leur concours, facilité sa tâche, en mettant sous les yeux de tous les bienfaits de la gymnastique.

 

27 octobre 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims)

       Sur la demande de Mr E. de Barthélémy, conseiller général, le ministre a accordé trente casques pour les sapeurs-pompiers. 

 

21 janvier 1878

         Election du Maire

         CAQUEZ-MARENDON ; DUCHATEL-RIBAILLE ; Eugène PERTHOIS ; CANARD-DUCHENE ; Edmond QUENARDEL ; Félix JUPIN ; BAUDET-LEROY ; Victor GOUGELET ; Léon MONMARTHE ; Honoré CHEART ; BEUZART-BILLY ; Alexandre PETIT

         Maire : DUCHATEL-RIBAILLE au 1e tour

         Adjoint : CANARD-DUCHENE au 1e tour

 

 

11 avril  1881

Journal officiel – Débats parlementaires - M. Thomas, rapporteur.

Pétition n° 2694. (Déposée par M. THOMAS député de la Marne) - Les tuiliers-briquetiers du Cran de Ludes, se plaignent de ce que, par une application de la loi du 10 mat 1874, article 7, section 3, l'inspecteur garde mine de la Marne, chargé de la surveillance du travail des femmes et filles mineures dans les travaux souterrains, a formellement interdit l'emploi de ces dernières dans les puits servant à extraire l'argile nécessaire à la fabrication de leurs produits. Ils demandent que les mesures nécessaires soient prises pour remédier, disent-ils, à la fâcheuse situation que crée cette loi à leurs modestes industries et aux ouvriers qui y travaillent.

 

Motifs de la commission. — La situations des pétitionnaires est très digne d'intérêt. Des renseignements établissent d'une façon précise que les ouvriers travaillent en famille dans les puits qui servent à l’extraction de l'argile. Le maire de Ludes affirme qu’aucun accident sérieux n'a jamais été signalés. Les femmes et les enfants qui se livrent à ces travaux pendant deux mois de l'année ne peuvent trouver pendant ce temps aucune autre occupation sérieuse et rémunératrice. En leur imposant l'interdiction absolue de s’y livrer, le garde mine n'a-t-il pas outrepasser la volonté du législateur ? Pour ces divers motifs, la 23e commission propose le renvoi de la pétition à M. le ministre des travaux publics.

 

27 juillet 1882 – Journal : L’Indépendant Rémois

 

François Durot, berger à Ludes, passant vers le soir sur la route de Reims à Louvois, vit à terre une petite boite entr’ouverte qu’il ramassa ; un objet d’orfèvrerie qu’elle contenait s’en était échappé. Il remit le tout entre les mains de M. le maire de Ludes qui le tient à disposition de son propriétaire.

 

7 août 1882 – L’Indépendant Rémois

Craon de Ludes : un vol a été commis dans l’après-midi du 4/8 au domicile de M. Caquez-Sylas. Des malfaiteurs, après avoir escaladé le mur de clôture du jardin, se sont introduits dans la chambre à coucher en brisant un carreau de la croisée pour l’ouvrit. Après avoir fracturé l’armoire, ils ont emporté tout ce qu’ils ont pu de mobilier, chemises d’hommes, vêtements de dame, chaussures, etc… L’arrivée de la maîtresse de la maison les aura sans doute dérangés, car un meuble renfermant d’autres objets précieux n’a pas été touché. Les voleurs sont sortis par la porte du jardin qu’on a trouvé ouverte de l’intérieur.

 

28 septembre 1882 – L’Indépendant Rémois

Comme les années précédentes, et surtout à l’occasion de la fête patronale de Mailly, M. l’instituteur de Ludes, très soigneux de la propagation du tir dans nos campagnes, en vue d’encourager la jeunesse à ces exercices, a organisé un concours de tir à la carabine auquel prirent part non seulement ces jeunes gens, mais encore tous les amateurs de tir de Ludes, Mailly et Chigny.

 

Voici les premiers du classement :

1 Darsonval Victor, Ludes, 260 points

2 Martin Léon, Mailly, 220 pts

3 Monmarthe Ernest, Ludes, 220 pts

4 Bouy Eugène, Mailly, 220 pts

5 Quenardel Marceau, Ludes, 220 pts

6 Chance Gaston, Mailly, 200 pts

7 Delabruyère Eugène, Ludes, 200 pts

8 Labey Ernest, Ludes, 180 pts

9 Prévost Daire, Chigny, 180 pts

10 Perthois Eugène, Ludes, 180 pts

11 Quenardel Léonce, Chigny, 180 pts

 

29 mars 1883 Journal LE SIECLE N° 19265

 

          Assassinat et suicide – La commune de Ludes (Marne) vient d’être le théâtre d’un drame affreux qui a jeté la population dans la consternation.

 

La dame Adélaïde B … (Jeanne Marie Adélaïde BAHUET, née à Sillery le 18 août 1828, décédée à Ludes le 8 avril 1903) était en instance de séparation de corps avec le sieur Florémond Jorez, son mari. (Eugène Florémond JOREZ, né à Ludes le 29 février 1828, décédé à Ludes le 22 mars 1883) Les premières formalités étaient accomplies, elle s’était retirée chez l’un de ses fils, qui habite la même commune, et les scellés avaient été apposées par le juge de paix. L’inventaire devait être fait le jour même.

 

A cet effet, le juge de paix, accompagné de son greffier, se présente vers neuf heures du matin à la porte ; elle était fermée. Ils se rendirent au domicile du fils et trouvèrent le sieur Jorez causant tranquillement, les mains dans ses poches, avec sa femme.

 

Toutes les personnes présentes se rendirent au domicile des époux. Il faisait froid, on voulut faire du feu ; la femme monta au premier étage pour y chercher une pelle à braises. Son mari y monta derrière elle, et, un instant après les personnes qui étaient en bas entendirent plusieurs coups sourds ; soudain, la femme descendit précipitamment l’escalier saignant abondamment à la tête et criant : « le malheureux ! il m’a tuée » Puis, en courant, elle alla se réfugier chez un voisin. Le juge de paix la suivit : elle avait reçu un coup de révolver au-dessus du nez près de l’œil gauche, le sang coulait abondamment. On lui prodigua les premiers soins en attendant l’arrivée d’un médecin que le maire, prévenu en toute hâte, avait envoyé chercher.

 

Pendant ce temps, le maire, le juge de paix, son greffier et plusieurs personnes accourues montèrent au premier étage et trouvèrent le malheureux Jorez étendu sur le plancher, dans une mare de sang et rendant le dernier soupir. Il avait la tête fracassée de trois balles : deux au front, la troisième à la tempe droite. A côté et à portée de sa main était un révolver qu’il avait acheté tout récemment ; deux coups étaient encore chargés.

 

La balle reçue par la femme est sortie par le nez. M. Gibert, médecin, pense que la blessure n’est pas très grave et que, vu la bonne constitution de cette femme, elle sera promptement guérie.

 

28 mars 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

 

 

11 avril 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

 

LUDES. — Œuvres de patriotes. — Mme veuve Pommery, propriétaire à Chigny et membre de l’Union des femmes de France, vient d’adresser à M. le Maire de Ludes, une lettre remplie des meilleurs sentiments de charité patriotique, dans laquelle elle regrette de n’avoir pas été informée du passage à Chigny de la cavalcade de Ludes, le 30 mars dernier et lui annonçant qu’elle allait remettre la somme de 40 fr. à Mme Delius, présidente de l’Œuvre, au nom des jeunes gens de Ludes qu’elle remercie d’aider ainsi à procurer le bien-être à nos soldats du Tonkin. M. le maire de Ludes a adressé à Mme Pommery les remerciements les plus sincères au nom de toutes les personnes qui ont organisé la cavalcade et qui en ont fait partie. Prochainement, un reliquat de 80 francs environ, sera versé pour la même œuvre ; ce qui, y compris un premier versement de 500 francs, fera un total de 620 francs.

 

 

9 mai 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le Maire de Ludes informe le public que, suivant testament en date du 26 janvier 1884, un legs de 5,600 francs a été fait au profit des pauvres de la commune de Ludes par M. Astoin Félix, décédé à New-York (Etats Unis d’Amérique). Les héritiers du dénommé qui auraient des réclamations à présenter sont invités à les adresser à M. le Préfet de la Marne, dans le plus court délai.

 

15 mai 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Chasse prohibée – Malgré quatorze condamnations antérieures pour le même délit, Arsène Petit ne peut se résoudre à ne pas tendre de lacs. Petit ou gros gibier, tout lui est bon, et dans ses tentatives, il est aidé par sa mère qui, elle-même, a déjà subi trois condamnations ; en outre, la femme Malvy, qui a voulu acheter un lièvre à ces braconniers, est inculpée aussi avec eux.

Ils sont condamnés, Petit à quatre mois de prison et 400 frs d’amende, sa mère à deux mois et 50 frs, la femme Malvy à 50 frs d’amende.

 

 

19 août 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

Examen des aspirants au certificat d’études. CANTON DE VERZY

Garçons reçus. — Note très bien : Désiré Laurent, de Villers-Marmery. Jules Cousin, de Thuisv. Albert Collinet, de Chigny. Louis Duchesne, de Chigny. Jules Romagny, de Ludes. Arsène Jacqueminet, de Thuisv. Olivier Baudran, de Mailly. Albert Lefèvre, de Villers Allerand. Georges Robin, de Sillery.

 

Note bien : Paul Philippot, de Verzy. Emile Quatresols, de Ludes. Emile Pelletier, de Verzenay. Achille Clément, de Thuisy. Paul Bongrain.de Verzy. Emile Eveloy, de Villers-aux-Nœuds. Emile Launois, de Ludes. Emile Everling, de Villers Allerand. Alfred Menu, de Rilly-la-Montagne. Georges Langlais, de Villers-aux-Nœuds. Jules Remv, de Villers-Allerand. Raoul Moriset, de Verzenay. Léon Colsenet, de Courmelois. Emile Gomard, de Verzenay. Léon Prompsy, de Villers-Allerand. Adolphe Fagot, de Rilly-la-Montagne. Gaston de Paepe, de Verzenay. Léon Brassart, de Villers-Marmery. Gaston Bouv, de Verzy. Auguste Mignon, de Villers-Allerand. Jules Herbin, de Trépail.

 

Note assez bien : Victor Bettendorf, de Rilly. Paul Bidon, de Puisieulx. Henri Chauvet, de Rilly. Auguste Denizart, de Rilly.

 

Filles reçues. — Note très bien : Eugénie Boquet de Villers-Allerand. Florence François, de Ludes. Eugénie Jossé, de Verzy, école publique. Ida Ponsard, de Viilers-Allerand. Lucie Maupot, de Verzy, école libre.

 

Note bien : Blanche Ledure, de Chigny. Léonie Haumont, de Verzenay. Flora Dumangin, de Ludes. Marie Guérin, de Verzenay. Lucie Arnould, de Verzy, école publique. Augusta Jaloux, de Verzenay. Louise Lecompère, de Thuisy. Herminie Texier, de Verzenay. Jeanne Mobillion, de Villers-aux-Nœuds. Jeanne Parinet. de Villers-Allerand. Berthe Colson, de Verzy, école publique. Louise Lallement, de Verzenay. Léopoldine Beaufort, de Trépail. Lucie Blanchard, de Sillery. Denise Jacqueminet, de Thuizy. Angèle Gobert, de Trépail, Amélina Hautem, de Sept Saulx. Louise Oudard, de Verzy, école libre. Léona Rome, de Verzy, école libre. Berthe Feneuille, de Verzy, école publique. Zélie Remy, de Mailly. Maria Lapinte, de Sept-Saulx.

Note assez bien : Clara Bauchet, de Mailly.

 

27 septembre 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes - Le 25 courant, vers 4 heures du soir, le sieur Adam, âgé de 80 ans environ, s’est volontairement noyé sur la montagne de Ludes on se jetant dans une ancienne carrière remplie d'eau. Il avait manifesté son intention quelques instants auparavant en achetant, chez un débitant du Craon de Ludes, une chopine d’eau de vie qui a été retrouvée vide auprès de lui. On ne peut attribuer ça détermination qu’à la misère.

 

 

19 octobre 1884 - Journal « L’Indépendant Rémois »

Les raisins de l’année 1884, reconnus par les gourmets de meilleure qualité que ceux de de la fable : « Le Renard et les raisins », sont recherchés quelquefois au grand dommage des propriétaires.

C’est ce qui est arrivé à Ludes. Le 15 octobre dernier, un vigneron possédant une propriété bordant la route départementale de Reims à Epernay, s’est vu insulté et maltraité par des passants qui se permettaient de cueillir du raisin, et même de briser des ceps de vigne.

 

7 novembre 1884 - Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Mardi, 4 novembre dernier, un regrettable accident est arrivé dans notre commune. M. Labey Paulin conduisait une petite voiture à quatre roues, attelée d’une jument qui prit tout à coup le mors aux dents à l’entrée du village. Pour comble de malheur, les rênes se rompirent et la jument livrée à elle-même, continua sa course d’une rapidité vertigineuse. Arrivé à un tournant une des roues de la voiture monta sur une borne. La voiture fut renversée quelques mètres plus loin. Le conducteur en fut quitte pour la peur. Deux personnes qui l’accompagnaient furent contusionnées. L’une d’elles, assez gravement atteinte, fut transportée dans une maison voisine ou elle reçut les premiers soins, en attendant l’arrivée de M. Flamand, médecin. Le blessé est M. Fossier fils, architecte, qui aurait, nous disait-on hier soir, quatre côtes cassées, et une contusion à la hanche dont les médecins n’ont pu encore reconnaître exactement la gravité. Le cheval n’eut que quelques égratignures.

1885 Melle Marie Ernestine SENDRE, institutrice publique à Ludes

 

 

1 février 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Un chien enragé paraissant venir de Puisieulx, a parcouru, hier matin, la commune de Ludes et mordu plusieurs chiens du village.

M. Dindin, charcutier, a été assez heureux pour abattre l’animal de deux coups de fusil.

L’autopsie faite par M. Hédin, vétérinaire à Beaumont sur-Vesle a démontré que ce chien était hydrophobe.

Tous les chiens qui ont été attaqués ou soupçonnés de l’être sont abattus et tous les autres consignés pendant 40 jours.

 

28 février 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le 24 courant, de deux à trois heures du soir, le sieur BARROIS Louis Elie, voiturier au Craon de Ludes, s’est suicidé par asphyxie au moyen d’un réchaud de charbon qu’il avait allumé et placé près de son lit après avoir calfeutré toutes les issues de sa chambre à coucher.

 

Cet homme, âgé d’une soixantaine d’années avait, à plusieurs reprises, manifesté l’intention d’en finir avec la vie, surtout depuis la mort de sa femme survenue en décembre dernier.

 

 

2 juillet 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Mardi dernier, pendant que toute la population célébrait la fête patronale, le sieur POQUET Elie, ouvrier jardinier, (53 ans) s’est pendu dans son grenier vers 6 heures du soir.

Il n’y avait pas un quart d’heure qu’il avait quitté son beau-père et sa femme avec lesquels il buvait un verre de bière ; celle-ci, montant au grenier pour chercher une chose dont elle avait besoin, le vit accroché sur l’échelle ; elle appela les voisins qui coupèrent la corde et lui prodiguèrent les soins qu’on donne en pareil cas, mais il ne fut pas possible de le rappeler à la vie.

On attribue sa détermination à des contrariétés de famille qui datent depuis plusieurs années déjà.

 

 

8 septembre 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

L’Union, société de gymnastique de Ludes, vient d’avoir un beau succès au concours de Trouville. Elle a remporté, en 3° division : 1er prix de mouvements d’ensemble avec et sans appareils, félicitations du jury ; 2e prix aux appareils et sauts ; 3e prix de course.

L’Union luttait contre 15 sociétés importantes, entre autres celles de Granville, Caen, Le Havre, Louviers, etc.

 

16 septembre 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Les habitants de la commune de Ludes ont fait parvenir à M. le préfet une pétition signée par 157 chefs de familles sur 200 environs, dont 3 conseillers et les plus notables. Cette pétition a pour effet de demander que la commission d’hygiène départementale oblige les conseillers municipaux de cette commune à supprimer un gué infect, situé dans le bas du village, qui ne reçoit que les immondices, les chiens et chats morts de tout le pays. Ce qui a été aussi la principale cause de la présence du choléra à Ludes en 1854, où 6 % des habitants sont morts en quelques semaines.

 

1 décembre 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Ludes. — Samedi à 10 h. 1/2 du matin, M. le Dr Gallois, maire de Rilly la-Montagne, conseiller général et président de la délégation cantonale, accompagné de MM. Tanazacq, Quenardel, Viéville et Duchâtel, maire de Ludes, délégués cantonaux, de M. l’adjoint et de MM. les conseillers municipaux, réunis à cet effet, se sont rendus à l’école des filles pour remettre à la digne institutrice, Mlle E. Sendre, la médaille d’argent qui lui a été décernée par M. le ministre de l’instruction publique. Tous ces messieurs ont été très satisfaits de constater la parfaite tenue de cette classe modèle qui ne compte plus ses succès dans tous les examens et les concours. En remettant à Mlle Sendre la médaille, M. le Dr Gallois lui a adressé l’allocution suivante : Mademoiselle, Que vous dirai-je encore que je ne vous ai dit déjà ! Nous avons le plaisir, je ne crois pas trop m’avancer en disant que c’en est un pour vous, je suis sûr que c’en est un pour nous, de nous retrouver en face l’un de l’autre, une médaille à la main, à peu près tous les ans ; cette médaille que vous recevez, que nous vous transmettons de la part de M. le ministre de l’instruction publique, prouve mieux que toutes les paroles combien vous êtes dévouée à la noble tâche de l’enseignement, combien chacun sait apprécier ce dévouement continu et sans bornes que nous citons comme modèle à celles qui veulent vous imiter. Il ne faut pas, mademoiselle, que ce dévouement se lasse, qu’il s’endorme sur ses lauriers, il faut - les lauriers en appellent d’autres - qu’il se continue en s’accentuant, en réglant sa marche sur celle des succès, des récompenses qu’il obtient. Vous vous êtes vouée à l’éducation des jeunes filles, faisant d’elles votre famille ; il faut pour suivre cette éducation jusqu’au bout, c'est à-dire la faire telle qu’elle puisse suivre vos élèves lorsqu’elles vous auront quittée, telle que les graines que vous semez dans leur esprit, dans leur cœur puissent y germer, y pousser, y grandir et enfin y fructifier même lorsque vous ne serez plus auprès d’elles pour les réchauffer de votre amour ; il faut que vous les dressiez pour le combat de la vie, que vous les prépariez à devenir des femmes, que vous leur fassiez aimer la patrie, la France, la République, ce gouvernement qu’elle s’est librement donné, qu’elle entend conserver pour le meilleur profit de son peuple. Parmi les grands noms de notre histoire, les noms de Jeanne d’Arc, de Jeanne Hachette, de Catherine de Médicis, de Mme de Sévigné ne sont pas au dernier rang ; ils vous montrent, mes chers enfants, que par leur courage, leurs talents, leur savoir, les femmes ne le cèdent en rien aux hommes, qu’il y a eu, qu’il peut y avoir encore de grandes Françaises, comme il y a eu, comme il y aura encore de grands Français. Ne l’oubliez pas. Etudiez la donc avec soin, demandez à votre chère maîtresse de vous l’apprendre, de vous l’expliquer cette histoire où nos pères ont joué un si grand rôle ; pénétrez-vous de leur esprit, appréciez comme ils le méritent les bienfaits de cette grande Révolution française qui nous a fait ce que nous sommes, des hommes libres, des femmes instruites, laborieuses, des citoyens égaux en droits. C’est par son étude attentive, approfondie, raisonnée, par la pratique de la morale civique qui en découle que vous reconnaîtrez, vous, enfants, tous les efforts, tous les sacrifices que la République, la fille de la Révolution, fait pour vous élever jusqu’à elle, vous, mademoiselle, le juste tribut que l’Etat accorde à votre mérite, dans l’espérance bien légitime que vous continuerez, même au-delà de l’école, à être son interprète auprès de vos élèves ; ce n’est pas en ayant peur du diable, c’est en ayant peur de soi-même, c’est en fortifiant sa conscience, en y croyant, que l’on est véritablement instruit et vertueux. Voilà, mademoiselle, ce que cette médaille enseigne : en vous la remettant, nous savons qu’elle est en bonnes mains et que son éclat ne se ternira pas.

 

Mlle Sendre, très émue, a répondu qu’elle était bien heureuse de la distinction dont elle était l’objet et très reconnaissante de la récompense que lui a accordée M. le ministre de l’instruction publique. Qu’elle continuerait l’œuvre d’instruction et d’éducation qu’elle a entreprise pour faite des jeunes filles qui lui sont confiées des femmes sérieuses, instruites, aimant bien leur famille et leur patrie. Elle termine en remerciant M. le ministre, tous ses supérieurs, la délégation cantonale, la municipalité et toute la population de Ludes de 1’estime et de l’intérêt qu’on lui porte, assurant de nouveau qu’elle fera tout son possible pour accomplir consciencieusement sa mission. M. Gallois, s'adressant alors une élève de la classe, la jeune Lucie Devaucelle, s’est exprimé ainsi : Mlle Devaucelle, grâce à votre travail, grâce à la bonne direction que lui a donnée votre chère maîtresse, vous avez eu l'honneur d’être venue la première à l’examen du certificat d’études pour le canton de Verzy. C’est un honneur non seulement pour vous, mais aussi pour votre école, pour sa maîtresse. Le Conseil général, en considération de ce succès, vous a décerné le prix départementa1 ; je suis bien heureux de pouvoir vous le remettre moi-même en son nom, en y joignant nos félicitations les plus sincères, en vous engageant — ce que vous ne pouvez manquer de faire — à persévérer dans cette bonne ligne de conduite et à vous rendre de plus digne de la récompense que vous venez d’obtenir.

 

La jeune fille lui a répondu :

 

Je vous remercie, monsieur, je remercie également le Conseil général, qui a bien voulu récompenser mes efforts par de si beaux prix. Mais je n'oublie pas que c’est aux leçons de Mademoiselle que je dois mes succès, et je lui en offre ma reconnaissance. Messieurs, mes petites compagnes m’ont chargée de vous assurer de tout le plaisir que nous causent vos visites, surtout lorsqu’elles ont pour but de récompenser la maîtresse que nous chérissons. Nous continuerons à profiter de ses bonnes leçons ; nous réaliserons ainsi l’espoir de M le Ministre de l’instruction publique, le vôtre aussi messieurs, en préparant sur les bancs de 1’école une génération forte, instruite, toute dévouée à la France.

 

Après quoi tous les assistants adressèrent de nouvelles félicitations à la maîtresse et aux élèves, pour lesquelles cette imposante cérémonie sera un nouveau sujet d’émulation et d’encouragement.

 

 

18 décembre 1885 – Journal “L’Indépendant Rémois”

Une intéressante fête animait Ludes dimanche. « L’Union », société gymnique de cette commune donnait sa séance annuelle à ses membres honoraires, avec le concours d’une section de pupilles de la « Gauloise », et de celui de la Fanfare municipale de Ludes. Malgré la pluie et la boue, musiciens et gymnastes défilent d’un pas allègre dans les rues du village pour se rendre au local de « l’Union » ou a lieu la fête. Ce local, vaste cellier commode et bien aménagé, dont la Société doit la jouissance à l’obligeance de M. Luling, est décoré avec goût, de drapeaux et d’écussons. Les couronnes et médailles obtenues par « l’Union » réunies en un glorieux trophée, témoignent de la vaillance des gymnastes et de la persévérance de leurs chefs. Les pupilles ont l’honneur du premier numéro du programme : la section présentée par un pupille moniteur, exécute d’une façon très satisfaisante, une série de mouvements sans engins assez compliqués. Quand le jeune moniteur aura pris l’habitude du commandement, quand la section aura quelques mois d’étude de plus, les pupilles de « l’Union » pourront, sans crainte, se mesurer aux meilleures sections similaires. Les exercices en section et libres aux appareils, permettent aux spectateurs d’apprécier l’excellence de la méthode pratiquée par Mrs. Labbey, les instigateurs de la gymnastique dans la commune de Ludes. Gymnastes et pupilles présentent des exercices variés et intéressants exécutés avec une correction irréprochable. Notons surtout le travail aux arçons et les doubles barres parallèles. Les mouvements d’ensemble sans engins et ceux avec fusils qui ont valu à « l’Union » un si beau succès au concours de Trouville, complètent dignement un programme bien rempli. Nous adressons nos vives félicitations aux hommes dévoués qui savent maintenir à ce niveau leur Société. A l’issue de la séance, quelques flûtes de champagne sont vidées en l’honneur des musiciens qui, sous la direction de M. Charlier, ont été d’une obligeance infatigable. M. Ernest Labbey, président de « l’Union », porte un toast à M. Luling, ainsi qu’à M. le président de la Fanfare. M. Paulin Labbey remercie la « Gauloise » de son bienveillant concours et porte un toast à son président. Celui-ci répond en affirmant la profonde sympathie de la « Gauloise » pour sa sœur de Ludes et remercie « l’Union » de son cordial accueil. L’heure du dîner approche, gymnastes de « l’Union » et de la « Gauloise » vont fraternellement rompre le pain qu’on se promet naturellement d’arroser de quelques bouteilles de vin du cru.

 

 

1886 Travaux de l’Académie nationale de Reims

LUDES : on y remarque, sur la place contiguë à l’église, une croix en bois de grande dimension, adossée à la devanture d’une maison. Un calice est placé sous les pieds du Christ, et les insignes de la Passion sont sculptées en relief sur les trois faces. On lit au bas en lettres capitales cette sentence morale :

Consider ycy pécheur un Dieu en croix mort pour toy.

ADORAMUS

L’inscription commémorative est placée sur les côtés, formant 24 lignes très étroites que nous groupons ici :

A la gloire de Dieu, posé par Jean Billy l’ainé et Jeanne Houre sa femme, Jean et Nicolas Billy, Marie Thérèse Jupin et Marie Claude Prévost leurs femmes, Elisabeth Billy sa femme, le 15 mars 1754.

 

20 février 1886 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Un braconnier émérite qui a donné maintes preuves de ce dont il est capable et a déjà subi au moins une douzaine de condamnations, a été rencontré dans les vignes, à un kilomètre environ du village, par le sieur Waflard, garde-chasse de M. A. Luling, porteur d’un panier qu'il tenait à son bras. Le garde, qui connaît le Sire depuis longtemps, et pour cause, lui enjoignit de lui faire voir ce que contenait son panier. Sur son refus, il le somma de se rendre avec lui chez M. le maire, mais le braconnier s’y refusa ; se couchant par terre et déclarant qu’il n’irait pas, puis se relevant aussitôt, il partit. Le garde, qui lui emboîtait le pas, l’arrêta à l’entrée du village avec l’aide d’un individu qui se trouvait là. Ils visitèrent le panier qui contenait un lièvre magnifique ; mais ce ne fut pas sans peine, le braconnier fit résistance, mordant le garde à la main et proférant forces menaces contre lui. Procès-verbal a été dressé et envoyé à M. le Procureur de la République. Le lièvre sera vendu au profit du Bureau de bienfaisance de la commune. Avis au gourmet auquel il était destiné.

 

 

26 mai 1886 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le conseil municipal de Ludes a voté dans sa dernière séance une somme de 50 fr. pour l’Institut Pasteur. Une liste de souscription va être mise en circulation et présentée aux habitants pour concourir à cette œuvre humanitaire.

Un bureau télégraphique municipal fonctionne à Ludes depuis le 10 avril dernier.

 

20 août 1886

         Débit des sources alimentant la commune :

     - L’Envie : 32 l/mn

     - Les Vauzelles : 19 l/mn

Le réservoir des Vauzelles (situé de l’autre côté du stand de tir) à un volume de 100 m³.

 

 

26 août 1886 – Journal « L’Indépendant Rémois »

L’orage qui s’est abattu lundi vers sept heures du soir sur le terroir de Ludes a détruit au moins les deux tiers de la récolte sur environ 60 hectares de vignes. Le sol est jonché des débris de feuilles de grains de raisins brisés par la grêle. La récolte des champs a peu souffert ; du reste elle est presque terminée.

 

3 mars 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Dimanche 27 février, se tenait à Ludes une réunion dont le but était d’arriver à la fondation d’une société de secours mutuels, essai déjà tenté, mais qui n’avait pu aboutir faute de renseignements et d’éléments nécessaires. M. Lelièvre, qui s’était mis à la disposition des promoteurs de l’idée, a été présenté à l’assemblée par M. Duchàtel, maire de Ludes, qui avait pris place à l’estrade avec l’adjoint et quelques conseillers municipaux et les membres du comité provisoire.

 

Dans un langage clair et concis M. Lelièvre a démontré les bienfaits produits par les associations et en particulier par celles qui ont pour but d’atténuer les tristes effets de la maladie chez les travailleurs ; il expose les différents systèmes de sociétés de secours mutuels, et cite des exemples pris à Reims et ailleurs où des résultats étonnants sont obtenus par de faibles efforts individuels ; la plus grande richesse de l’ouvrier c’est sa santé, c’est en profitant de cet état qu’il faut faire la part de la maladie qui peut survenir. A tous les points de vue, l’établissement d'une société de prévoyance contre la maladie est une nécessité ; au point de vue moral, car elle donne confiance à l'ouvrier qui sent qu’il sera secouru à temps ; au point de vue matériel, puisqu’une faible somme permet de faire face à des dépenses qui épuiseraient toutes ses ressources. L’homme ne doit pas seul se faire inscrire dans la société ; la femme, peut être encore plus que l’homme, doit y trouver sa place, car tout périclite dans la maison quand elle est malheureusement prise par la maladie. Avec la femme, l’enfant aussi doit être assuré, car la mère la plus dévouée peut hésiter à aller chercher le médecin quand elle songe aux dépenses que cela occasionne, mais elle n’hésitera pas en présence du droit qu’elle a acquis par sou admission dans une société de prévoyance. A Ludes, la fondation d'une société de secours mutuels, admettant des sociétaires des villages voisins, pourrait avoir pour effet d’attirer un médecin, dont la localité est dépourvue. Il n’y a pas à hésiter à faire partie d'une société de secours mutuels, pas plus que l'on hésite à s’assurer contre l’incendie ; il ne faut pas s’effaroucher du mot secours qui ne tardera pas à disparaître du langage mutualiste ; il n’y a pas de secours, il y a une indemnité due en vertu d’une prime versée, il y a un droit acquis.

 

M. Lelièvre a mis aux voix la question de principe ; elle a été votée à l’unanimité, et la mission a été donnée aux initiateurs de cette réunion d’élaborer des statuts et de les présenter à une réunion convoquée ultérieurement. Nous ne pouvons terminer ce compte rendu écourté sans remercier M. le Maire, son adjoint, les membres du Conseil municipal, M. Diadin, qui avait mis gracieusement sa salle à la disposition des promoteurs. Est-il nécessaire d’ajouter que M. Lelièvre a reçu l’accueil le plus cordial et le plus sympathique, et que nous ne saurions trop le remercier de l’aide qu’il nous a apportée dans notre entreprise ?

Le Comité provisoire.

 

12 mars 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Ludes. — Mardi, vers 5 heures du soir, un inconnu, paraissant âgé de 65 à 70 ans, taille lm70 environ, chauve, ayant seulement une bordure de cheveux châtain foncé, très proprement vêtu, rasé depuis deux jours au plus et habillé d’un veston presque neuf en drap gris foncé quadrillé, pantalon en drap noir, chemise blanche sans marque particulière, tricot de coton cachou, gilet en drap gris, caleçon tricot blanc, bas de laine groseille ou rouge déteint, bottines à caoutchouc en assez bon état, casquette en drap noir, foulard gris à bords noirs, mouchoir de poche à petits carreaux rouges, porteur d’un couteau de poche, d’une tabatière queue de rat et d’une somme de 4 fr.50, d’un billet de tramway du faubourg Saint Thomas à Fléchambault a été trouvé pendu à un arbre au bord de la forêt de Ludes. Il avait été vu la veille dans la commune où il avait dit qu’il allait voir un cousin, nommé Léon, qui habite une petite commune voisine. Une enquête est ouverte par la municipalité pour arriver à constater l’identité de cet individu.

 

16 juin 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

Ludes. — Notre correspondant nous écrit : Lundi, vers la fin de la journée, le sieur Baulieu Claude Alexandre, 66 ans, maçon, était monté à son grenier, au bord de l’escalier duquel il avait placé une échelle, pour visiter un nid de moineaux qu’il surveillait ; il perdit l’équilibre et, en tombant, se cassa la colonne vertébrale. La mort fut instantanée. Sa femme, en rentrant des vignes le soir, le trouva mort au bas de l’escalier. Le décès fut constaté aussitôt par M. Flamant, médecin à Rilly.

 

 

18 juillet 1887 – Journal L’Indépendant Rémois

La société de gymnastique et de tir l’Union de Ludes, terminait dimanche 10 juillet son concours public de tir à l’arme nationale à 200 mètres. La proclamation des résultats et la distribution des récompenses a eu lieu à la mairie, sous la présidence de M. Duchâtel, maire.

 

 

21 septembre 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le sieur Jardret (Amédée), célibataire, âgé de 36 ans, vivait seul, enfermé dans sa maison depuis plusieurs mois, n’ayant de rapports qu’avec un pauvre idiot qu’il appelait par sa fenêtre pour faire ses commissions consistant surtout à aller lui chercher de l’eau-de-vie. Ses voisins ne l’ayant pas vu ni entendu depuis samedi s’empressèrent de prévenir ses parents et, avec eux, de se rendre compte de la cause de son absence. Ils pénétrèrent dans son logement et le trouvèrent étendu sur le sol de sa cuisine. Il était mort. M. le maire, prévenu, s’y rendit aussitôt, accompagné de M. le docteur Lacoste, de Rilly la Montagne, qui a constaté que la mort a été déterminée par l’abus des boissons alcooliques.

 

6 février 1888 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Hier dimanche, le conseil municipal, qui vient d’être complété, était réuni pour nommer un maire en remplacement de M. Duchâtel, démissionnaire. M. Canard, adjoint, a été élu par 8 voix sur 10 votants ; deux membres de l’assemblée étaient absents. A la suite de cette élection, la nomination d’un nouvel adjoint devenait nécessaire ; M. Eugène Perthois a été élu par 9 voix.

 

 

29 août 1888         Foire à Ludes

 

 

16 avril 1890 – Journal L’Indépendant Rémois

Tramways à vapeur de la banlieue de Reims.

Le conseil municipal de Ludes a voté par 8 voix sur 11 l’acceptation de la proposition d’étude d’une variante passant par Ludes et Mailly, et en s’engageant à payer la part des frais lui incombant pour cette étude.

 

 

5 avril 1891

Journal « Le Petit Parisien »

Ludes (Marne), 8 avril. L'hiver dernier, le nommé Charles Saint-Dizier, âgé de trente ans, avait été condamné à quinze jours de prison pour braconnage. Il accusait le sieur Ernest Maus, âgé de soixante-cinq ans, demeurant au Craon de Ludes, de l'avoir dénoncé et d'être cause de cette condamnation. Aussi le braconnier avait-il voué une haine féroce au vieillard. L'autre soir, le sieur Maus était venu à Ludes pour acheter du tabac. A son retour, il fut assailli sur la route par Saint-Dizier qui, armé d'un coup-de-poing américain, le frappa avec une violence inouïe. Le vieillard se mit à crier « Au secours » et tomba baigné dans son sang. Il avait reçu de profondes blessures au crâne, à la figure et sur le corps. Le docteur Gilbert, de Rilly, qui le soigne, ne peut répondre de ses jours. L'auteur de cette agression a été mis en état d'arrestation et conduit à la Maison d'arrêt de Reims.

 

 

7 juin 1891 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Pendant la nuit de vendredi à samedi, vers dix heures, un incendie a détruit le bâtiment d’habitation de la petite ferme de Rome, située sur la route de Reims à Louvois, entre le fort de Montbré et la ferme des Monts-Fournois. Cette ferme, appartenant à M. le docteur Thomas, était habitée par son vigneron et sa famille, composée de sa femme et de six enfants, qui n’ont eu que juste le temps de pouvoir sortir de la maison, sans rien sauver. La perte, couverte par deux assurances à la Nationale et au Soleil, est évaluée à environ 5,000 fr. La malveillance ne semble pas étrangère à ce sinistre.

 

 

26 juillet 1891 – Journal « Le Petit Troyen »

Nogent sur Seine : La gendarmerie a arrêté, pour vagabondage et mendicité, les nommés Louis Gougelet, 25 ans, cultivateur, né à Ludes (Marne), et Charles-Joseph Fournier, 20 ans, manouvrier, né à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise).

Gougelet Louis Ernest, 25 ans, né à Ludes (Marne), avec son petit pécule, pouvait vivre tranquillement ; mais il eut la nostalgie des voyages, il voulut s’expatrier en Amérique. Pour cela, il se rendit à Paris et obtint, moyennant 160 francs, un passage sur un paquebot de la Compagnie Transatlantique. Il fit si bien qu’il manqua le départ et comme sa place était restée inoccupée, la Compagnie ne lui rendit que 80 francs sur les 160. Gougelet continua à jouir des délices de la capitale et lorsqu’il fut endetté et sans le sou, il se mit à vagabonder sous prétexte de chercher du travail.

Les gendarmes de Nogent l’ont arrêté mercredi sur la route, dans le plus complet dénuement. Ils lui ont donné un gîte à la prison.

 

 

8 septembre 1891 – Journal « L’Indépendant Rémois »

L’orage de jeudi a causé des dégâts considérables sur les territoires de Chigny, de Rilly et de Ludes. Les vignes sont littéralement hachées. Une grande quantité de carreaux ont été cassés par la grêle dans les communes de Chigny et de Ludes.

 

9 novembre 1891 - Journal « L’Indépendant Rémois »

Vendredi, à onze heures du matin, dans une coupe de bois des bois de Ludes appartenant à M. Henri Depaul, on a trouvé le corps inanimé du nommé André-Arthur Marandon, bûcheron, âgé de 56 ans et habitant à La Neuville, écart de Louvois.

M. le docteur Loche, de Rilly-la-Montagne, qui avait été appelé aussitôt, n’a pu que constater le décès, décès dû à la rupture d’un anévrisme.

 

 

19 décembre 1891 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le cadavre de la route de Ludes. Le parquet de Reims a fait procéder à l’autopsie du cadavre trouvé dimanche matin entre la ferme des Monts-Fournois et le fort de Montbré. L’examen du médecin a permis de constater que la victime avait été écrasée par la roue d’une voiture. Avant d’enterrer ce malheureux dont on ignorait le nom, on fit sa photographie afin de faciliter les recherches.

 

22 décembre 1891

 

Pierre Dorestan QUENARDEL, aubergiste au Craon de Ludes.

 

 

 

22 août 1892

 

          La société mixte de tir de Ludes est autorisée.

 

         32 sociétaires civils.

 

         Le club prend ensuite le nom de "Union de Ludes".

 

         Le premier stand fut construit en 1896.

 

 

23 septembre 1892 est décédé, dans sa 83e année, M. le chanoine Lecointre, de Reims.

 

Né à Chamery en 1809, M. Lecointre fut successivement prêtre à partir de 1834, vicaire de Rethel, curé de Floing, vicaire de Notre-Dame, curé de Ludes, doyen de Château-Porcien. Il fut nommé chanoine titulaire en 1881.

 

 

1 novembre 1892 – Journal « L’Indépendant Rémois »

La société mixte de tir qui vient de se former à Ludes, sous les auspices du 46° régiment territorial d’infanterie, organise pour ses débuts un concours de tir réduit à 25 mètres qui commence aujourd’hui et se continuera chaque dimanche jusqu’à une époque qui sera fixée dans peu de temps. Le tir aura lieu dans la salle Denogent, à Ludes. Prix de la série de 4 balles, munitions Goupillat comprises, 0fr50.

 

En 1893, dans les tuileries et briqueteries de Ludes, le temps de travail journalier était de 10h pour les enfants et de 11h pour les femmes et les hommes. La journée commençait à 5 ou 6 h du matin suivant les entreprises, avec une pose de 8h à 8h30 et de 12H à 14h, et se terminait à18h ou 19h.

 

1893

         Inventaire pour calculer la rentabilité du C.B.R.

         120 chevaux, 105 bœufs ou vaches, 25 veaux, 105 porcs, 2200 moutons. 500 tonnes de houille consommées pour usages domestiques, 1500 tonnes de houilles consommées par la commune, 10 tonnes de charbon de bois.

Production de la commune :

         Blé et seigle           3000 quintaux

         Orge                     700 qx       

         Avoine                   7000 qx

         Pomme de terre     2000 qx

         Betterave               6000 qx

         Foin et fourrage     35000 qx

Transport :

         1200 m3 de pierre

         100 tonnes de bois

         400 tonnes de tuiles

         500 tonnes de briques

Société Luling, Walbaum et Goulden, commerce de vin de Champagne.

Matières à l'entrée :

         Vin                        1300 tonnes        

         Matériel                 100 tonnes

         Bouteille vide         1200 tonnes

         Futaille                  250 tonnes

Principales importations dans la commune :

         Epicerie (café, riz, sucre, sel, salaison, légumes secs, etc…)        150 tonnes

         Vins, spiritueux, bière      8000 hectolitres du midi

         Farine                             100 tonnes d'Epernay

         Fer et métaux                  30 tonnes de Reims

         Fumiers                          1500 tonnes de Paris

         Engrais chimiques           100 tonnes de Reims

         Echalas                           400 tonnes de Charente et de Limoges

 

25 mai 1893 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

Le jeune Annequin Emile, 12 ans, demeurant à Ville-en-Selve, a été victime d’un terrible accident dans une carrière du Craon de Ludes. Un bloc de pierre, s’étant détaché, a écrasé le pauvre enfant. Son cadavre a été ramené chez son père à Ville-en-Selve.

 

 

22 décembre 1893 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le tramway de Reims à Verzy. La pétition suivante a été adressée par le plus grand nombre des propriétaires fonciers de Ludes à M. le préfet de la Marne, le 1er décembre 1893 : Les soussignés, propriétaires à Ludes, arrondissement de Reims (Marne), Vu le projet de tracé du tramway à vapeur de Verzy à Cormicy, indiqué par piquets sur leur terroir, ont l'honneur d’exposer à l’administration compétente que le parcours entre Ludes et Mailly est rendu beaucoup trop long par les courbes accentuées qu’il décrit ; qu’il couperait ainsi une très grande quantité de parcelles. La construction, au lieu d’être économique, serait au contraire très onéreuse : grande surface de terrains (terres et vignes) à acquérir ; coupures trop petites à reprendre par l’administration ; frais d’expropriation, etc. D’ailleurs, le terroir de Ludes, seul, serait maltraité ainsi, puis que Mailly, Verzenay et Verzy ne consentent au tracé qu’en sacrifiant leurs terrains de moindre valeur ; nos propriétés méritent autant d’égards que celles de nos voisins. En conséquence, les soussignés demandent une nouvelle étude du tracé sur leur terroir. La ligne, suivant par exemple le chemin de grande communication n° 26, entre le village et le bois de la Perthe, conserverait la gare au même endroit et aboutirait au même point vers Mailly ; il suffirait, d’accord avec l'administration vicinale, d’adoucir la pente actuelle de la route par un remblai peu important dans les parties les plus basses ; le terrain est très solide; la route y gagnerait ; la longueur serait de beaucoup raccourcie ; la dépense du terrassement serait plus que couverte par celle du tracé actuel. Ce terrassement, d’ailleurs, serait beaucoup moins important que ceux de Verzenay par le haut du village. Ils espèrent qu’en raison des lourdes charges qui vont peser sur eux du fait de cette construction, l’administration voudra bien accueillir favorablement leur demande.

 

Ludes, le 19 novembre 1893. (Suivent les signatures de sept conseillers municipaux et de cinquante-trois propriétaires fonciers de la commune.)

 

3 juillet 1894 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

Dimanche, vers huit heures du soir, la nommée Martelet, âgée de 30 ans, marchande ambulante, demeurant à Epernay, de passage à Ludes, était descendue dans une auberge dont elle ignore le nom quand, dit-elle, vers dix heures du soir, plusieurs individus qui se trouvaient dans cet établissement l’ont entraînée de force dans différents quartiers du pays pour la violer et lui ont volé des marchandises pour environ 10 francs. Elle a été invitée à porter plainte à la gendarmerie.

 

 

9 septembre 1894

Journal "L'Argus"

 

Incendies volontaires. — Les nommés Callay, père et fils, ont comparu le 19 juillet, devant la cour d'assises de la Marne, sous l'inculpation d'avoir à plusieurs reprises, dans un but de vengeance, allumé des incendies dans les bois de la commune de Ludes. L'acte d'accusation est ainsi conçu : dans le courant de l'année 1893 de nombreux incendies se déclaraient dans les bois de la commune de Ludes, ou des environs. A deux reprises, la femme Dervin, demeurant au Craon de Ludes, avait vu le jeune Callay, âgé de quinze ans, demeurant au même endroit, mettre le feu : une première fois, en avril 1893, dans un bois appartenant à la commune de Ludes. (Effrayé par les cris du témoin, Callay avait lui-même éteint le feu avec le pied) Une seconde fois, le mois suivant, dans un bois appartenant au sieur Caqué ; le feu s'était éteint de lui-même, à raison de l'humidité des matières enflammées.

 

Le sieur Dervin avait été également témoin de ce second incendie.

 

Les dégâts n'ayant pas eu d'importance, les époux Dervin, quoique convaincus que Callay était l'auteur des autres incendies gardèrent le silence, craignant une vengeance.

 

Les 6 et 7 mai 1894, dans la soirée, des incendies éclataient dans les bois de la commune de Ludes. Le 9 mai, il en éclatait deux, l'un vers midi, l'autre vers 8 heures du soir.

Activés par le vent, ces derniers incendies durèrent plusieurs heures et causèrent des dégâts importants.

Celle fois, la femme Dervin ne put se contenir et dénonça Callay au maire de Ludes.

Elle l'avait vu sortir quelques instants avant ces incendies et rentrer peu après.

Un sieur Leriche l'avait vu mettre le feu le 7 mai.

Callay, arrêté le 10 mai, fit des aveux. Il reconnut être 1'auteur de tous les incendies, mais il accusa son père de l'avoir poussé à les allumer.

Celui-ci ayant opposé des dénégations, le jeune Callay rétracta ses accusations à l'égard de son père, mais la culpabilité des deux accusés ne peut être mise en doute. En décembre 1893, Callay père avait dit à la femme Dervin : « Le maire n'a pas voulu faire rentrer mon fils à l'Hôtel-Dieu, il me paiera cela et la commune s'en souviendra ».

Le feu se manifestait presque chaque fois non loin de la carrière ou les deux accusés travaillaient ensemble.

Tous deux arrivaient toujours les premiers sur le lieu du sinistre, espérant ainsi prévenir les soupçons.

Depuis leur arrestation commune, aucun incendie n'a plus éclaté.

Les accusés n'ont pas d'antécédents judiciaires.

Le jury a rendu un verdict négatif pour Callay père, qui est acquitté, et affirmatif sans circonstances atténuantes, pour Callay fils, qui est condamné à être enfermé pendant dix ans dans une maison de correction.

 

12 janvier 1895 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Une belle et imposante cérémonie a eu lieu récemment à Ludes : une médaille d’argent décernée par M. le ministre de l’instruction publique a été remise à M. Demain, instituteur.

La remise de la médaille a été faite par M. Gallois, conseiller général. Plusieurs conseillers municipaux assistaient à la cérémonie ainsi que Mlle l’institutrice et les jeunes filles sous sa direction.

 

21 avril 1895

         Le conseil de fabrique prendra les dispositions pour règlementer les devoirs et droits des sonneurs de l'église de Ludes.

         Ils devront être reconnus "prudents habiles" et sonner les dimanches et fêtes, les saluts du carême, du mois de Marie, du St Sacrement, du Sacré-Cœur, les baptêmes, mariages et enterrements différemment selon les 3 classes, le lendemain de la fête patronale, le jour de la fête des morts, le jour de l'an, l'épiphanie, de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte, de la fête Dieu, du Sacré-Cœur de Jésus, de St Jean Baptiste, de St Pierre, St Paul, de l'Assomption de la Vierge, la Toussaint, à l'immaculée conception, de Noël, première communion, confirmation, sans oublier les messes de confrérie. Le montant de leur rémunération variait de 0,75 F à 4,50 f.

 

         La grosse cloche était sous les ordres du Sacristain Paul Lefort qui se voyait mis à contribution également en cas d'incendie. La moyenne et la petite répondaient aux jeux du carillonneur par un système à pied, relié aux marteaux de celles-ci par des cordelettes et des anneaux. Parfois notre grand maître sonneur de Ludes, Georges Poquet n'hésitait pas à ajouter un son supplémentaire à sa composition au moyen d'un maillet de bois.

 

         Ce dernier donnait volontiers de superbes concerts éclectiques et variés, pour les oreilles averties. La façon dont il jouait, était pour les curieux venus l'admirer, un vrai spectacle... surtout pour les baptêmes, mariages et fêtes. Il répétait souvent en semaine, le temps de midi et le soir. Il se hissait tout en haut du clocher, affrontait l'air vif bien souvent et le froid de temps à autre. Il en redescendait toujours ruisselant de sueur, et ses tympans étaient chaque fois soumis à rude épreuve. Double carillonnage, voir pendant près d'une heure lors du défilé du 14 juillet.

 

         Vers 1908, les habitants des communes voisines nous enviaient de posséder un tel carillonneur, sans cesse à la recherche de nouveautés et de sons supplémentaires,                              

       Lors de la signature de l'armistice de 1918, Marcel Jupin, Paul Lefort, accompagnés d'un groupe d'amis, munis d'une grosse bougie de 40 cm de haut, montèrent au clocher, bravant froid et vent, jurèrent de carillonner tant que la bougie se consumerait. Ce qui fut fait ...

           Mademoiselle Cécile Saguet venait officier 3 fois par jour sur la petite cloche pour l'Angélus (8 h, 13 h, 8 h)

 

1896

         Loi du 2 mai 1855 : taxe municipale sur les chiens.

1ère catégorie : chiens d'agrément ou servant à la chasse : 6 Frs

2ème catégorie : chien d'aveugle, et tous ceux non compris dans la première catégorie : 1F50

         1896 : 75 chiens dont 59 de 1ère catégorie.

         1893 : 87 chiens dont 72 de 1ère catégorie.

         1890 : 77 chiens dont 70 de 1ère catégorie.

         1887 : 71 chiens dont 62 de 1ère catégorie.

 

16 mars 1896

         Ouverture de la ligne CBR Reims-Ludes

 

 

 

 

17 mars 1896 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

De Reims à Ludes en tramway.

 

Depuis lundi, 6 heures 52 du matin, le tronçon Reims-Ludes des tramways de la banlieue de Reims, est livré à la circulation des voyageurs. Nous avons voulu, en dehors de toute convocation officielle, faire ce petit voyage, afin de pouvoir renseigner exactement nos lecteurs sur le nouveau mode de locomotion maintenant à leur disposition. A onze heures du matin, c’est-à-dire au passage du second train montant, de la journée, nous étions à la station de Reims-Promenades, en face la gare de l’Est. Beaucoup de curieux nous avaient précédé. Dans le petit chalet vitré qui sert de salle d’attente, des ouvriers peintres vernissent les boiseries ; au milieu d’eux une dame tient un petit drapeau rouge roulé à la hampe. Cet emblème, particulier aux révolutionnaires et aux agents de chemins de fer, nous fait supposer que la dame en question est la « cheffesse » de station. Nous lui demandons un billet pour Ludes, mais elle nous apprend que l’on n’en délivre pas aux stations. Le voyageur n’a qu’à monter en wagon, et là un receveur passe et lui délivre le coupon pour le parcours à effectuer. Pendant le trajet un contrôleur vérifie les tickets, qu’il faut avoir soin de ne pas arracher avant d’être arrivé. Muni de ces renseignements, nous attendons l’heure du départ. Le petit train arrive. La machine habillée de la tête aux pieds, d’une chemise de tôle verte, remorque trois élégants wagons de seconde. Plusieurs voyageurs y ont déjà pris place à la station de la rue Jacquart. Nous montons. La locomotive lance un cri déchirant de sirène de navire, le train s’ébranle, nous voilà partis. L’allure est réglementairement modérée, dix kilomètres à l’heure à peu près. En voyant arriver le train, les passants s’arrêtent. Chaque fois que nous allons dépasser une rue perpendiculaire ou arriver à un tournant de la ligne, la locomotive jette son cri strident. A part le choc produit par l’écrasement de quelques petits cailloux que les gamins ou les pieds des chevaux font rouler sur les rails et que la locomotive brise sans inconvénient, on ne ressent aucune trépidation incommode, les voitures sont bien suspendues, le roulement excellent et le fameux mouvement de lacet si commun sur les lignes du Nord surtout, presqu’imperceptible. Au pont de la rue de Vesle, halte ; des voyageurs descendent, d’autres montent. Après le pont de Fléchambault, dont on franchit l’abrupte rampe en courbe raccourcie, avec la plus grande facilité, nouvel arrêt, nouvel échange de voyageurs, autre attroupement de curieux. Nous repartons en suivant le faubourg Fléchambault que nous abandonnons bientôt pour prendre le chemin de Cormontreuil où nous ne tardons pas à franchir le petit ponceau de pierre qui a remplacé le vieux pont de bois bien connu des lycéens d’autrefois, qui l’avaient baptisé « le pont d’Arcole » à cause de son peu de largeur et de ses garde-fous de bois vermoulu. Nous n’avons plus de maisons ni à droite ni à gauche, la machine fume, nous allons beaucoup plus vite qu’en ville. Nous dépassons la chaussée des bains, le bâtiment de la source, duquel semble sortir un colossal serpent noir, s’allongeant lourdement en l’air sur une série de chevalets, pour aller cacher sa tête sous le toit en abat-jour d’une tour large et basse à peine achevée. C’est le tuyau d’amenée des eaux qui relie le trop fameux puits de captation de l’entreprise Barrée avec les généreux et inépuisables bassins de la source. Nous voici aux premières maisons de Cormontreuil ; nous quittons le chemin, traversons une belle avenue d’ormes, quelques champs, laissons une partie du village à droite, et ne tardons pas à entrer dans une rue longue et assez large, qui nous mène à l’autre extrémité de la commune vers Taissy. Le train s’arrête. On crie : Cormontreuil ! Cormontreuil ! Devant nous, une maison est en construction. Ça sera la gare quand elle sera finie. En attendant, en face, il y a déjà un « café de la Gare ». Naturellement ! Une gare à Cormontreuil ! Qui eût cru cela ? Enfin, il y en aura une, le limonadier d’en face l’affirme, ainsi que les agents de la Compagnie, qui sont fort bien habillés. Les receveurs sont vêtus d'un pantalon, d’un veston et d’une casquette en drap gris bleuté ; le pantalon est passepoilé de rouge, le veston est à boutons d’or avec une hongroise en galon noir sur chaque manche et une soutache noire dans le dos ; au collet, en guise de grenade, le numéro matricule de l’employé qui est répété sur le devant de la casquette avec les lettres en cuivre C. B. R. (Chemin de fer de la Banlieue de Reims.) Le contrôleur a les mêmes vêtements que les receveurs, mais en drap noir, avec des feuilles de laurier en or à sa casquette et un galon plat en or à chaque manche. Tous ces agents sont très polis, mais très stricts sur les règlements ; c’est, du reste, leur consigne. En quittant Cormontreuil la voie court gaiement sur le côté gauche de la petite route de Taissy, qu’elle quitte aux premières maisons de cette riante commune pour traverser les champs à droite et aller après son arrêt à la halte, entièrement terminée celle-là, rattraper un chemin de traverse qui va à Puisieulx. Une halte est bâtie à environ deux cents mètres du village, le train s’y arrête poliment, laisse quelques voyageurs et repart. La ligne fait un brusque à droite, gagne la route ferrée de Puisieulx à Ludes, la suit fidèlement pendant environ quatre kilomètres, puis l'abandonne sournoisement aux premières maisons de ce village qu’elle laisse à gauche pour se précipiter à travers champs et aller ramper amoureusement aux pieds d’un coteau chargé de vignes, qu’elle abandonne un instant pour se rendre par une courbe gracieuse et commode jusqu’à la halte bâtie sur la route de Mailly à Ludes, à cent mètres à peine de ce village. Ludes ! crie-t-on, Ludes ! Tout le monde descend. Nous sommes encore une quinzaine de voyageurs ; nous descendons et nous cherchons un buffet pour déjeuner ; heureusement, on nous indique à cinq minutes de la gare, sur la place du village, l’hôtel Saint Jean, où nous déjeunons fort bien et à bon marché. Après une petite excursion dans le village, où l'on respire déjà l’odeur printanière des bois voisins, nous reprenons le train à 2 heures 15 minutes et rentrons à Reims une heure après, enchanté de notre excursion que nous aurions voulu rendre plus longue, mais qui a été suffisante pour nous permettre de dire aux Rémois en peine de leur temps le dimanche ou même en semaine : Prenez le train de banlieue et allez respirer le grand air, c’est le meilleur des apéritifs.     E. Arlot.

 

4 avril 1896

         Ouverture de la ligne CBR Ludes-Verzy.

 

 

 

14 mai 1896 - Journal « L’Indépendant Rémois »

 

Vendredi matin, une petite fille d’une douzaine d’année, Marie Lecourt, en puisant de l’eau pour arroser, est tombée dans un bassin d’eau croupie qui se trouvait dans le jardin de M. Dumatras. Au bout d’un certain temps, la domestique de M. Dumatras, qui travaillait dans le jardin, ne voyant plus la fillette, l’appela, et comme elle ne répondait pas, elle eut l’idée de s’approcher de la pièce d’eau.

A la surface flottait l’arrosoir de la fillette, dont les cheveux blonds émergeaient au milieu des herbes. La domestique appela au secours et se mit en devoir de retirer de l’eau le corps de l’enfant, à l’aide d’un sarcloir dont elle venait justement de se servir.

Un voisin, M. Romagny, vint bientôt à son aide, à eux deux ils attirèrent sur le bord la petite Marie Lecourt et lui prodiguèrent tous les soins, tandis qu’on allait chercher un médecin. Hélas il était trop tard, on ne put que constater le décès.

 

(Zoé Augustine Lecourt, née à Rosnay 51, le 27/03/1884, fille de Jean Marie Firmin Lecourt et de Mélanie Constance Martinet)

 

 

7 juin 1896 - Journal « L’Indépendant Rémois »

La femme Beaulieu, née Julie-Amélie-Rose Grand, est complaisante avec les vieillards de la commune de Ludes : elle fait tout ce que leur suggèrent leurs séniles caprices et puis après, quand ils ne lui donnent pas ce qu’elle désire, elle prend chez eux ce qui lui convient : dix francs, cent francs, peu lui chaud. Elle fera deux mois de prison.

 

21 juin 1896